Près de deux semaines après la découverte d’une tête de porc accrochée au portail du domicile de Christian Estrosi à Nice, l’enquête connaît un nouveau rebondissement. Plusieurs personnes ont été placées en garde à vue et les investigations semblent désormais privilégier la piste d’une possible manipulation, selon des informations révélées par BFMTV et d’autres médias. Cette affaire, survenue en pleine campagne pour les élections municipales de 2026, fragilise la situation politique du maire sortant et alimente de nombreuses interrogations sur l’origine réelle de cet acte.
Deux hommes proches de l’entourage du maire en garde à vue
Quatre personnes ont été interpellées dans cette nouvelle phase de l’enquête. Deux femmes françaises ont été entendues puis relâchées. Nées en 1963 et 1968, elles sont sœurs et l’une d’entre elles travaille pour la métropole Nice Côte d’Azur. Les deux autres suspects, tous deux de nationalité française, ont en revanche été maintenus en garde à vue. Selon des sources proches de l’enquête citées par BFMTV, l’un d’eux est présenté comme une connaissance personnelle de Christian Estrosi. Le second, âgé de 79 ans, est un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) aujourd’hui reconverti dans des activités de détective privé. Les enquêteurs s’intéressent notamment à leurs liens avec deux ressortissants tunisiens déjà mis en examen dans cette affaire. Les investigations ont révélé que ces suspects avaient été en contact téléphonique et physique avec les deux hommes soupçonnés d’avoir participé directement à l’installation de la tête de porc.
Quelques jours plus tôt, deux hommes de nationalité tunisienne, nés en 1988 et 1990, avaient été interpellés puis mis en examen dans ce dossier. Selon l’entourage du maire de Nice, l’un d’entre eux aurait même tenté d’infiltrer l’équipe de campagne de Christian Estrosi. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer le rôle précis de chacun des protagonistes et à comprendre qui aurait pu organiser l’opération. À ce stade, l’hypothèse d’une ingérence étrangère semble avoir été écartée par les enquêteurs, qui privilégient désormais la thèse d’une manipulation. Une source proche de l’enquête explique ainsi que les investigations se concentrent sur des personnes gravitant autour de la municipalité actuelle, afin de comprendre qui pourrait être à l’origine de cette mise en scène et dans quel but.
Une affaire qui bouleverse la campagne municipale
La découverte de la tête de porc remonte au 27 février, lorsqu’elle a été retrouvée accrochée au portail du domicile du maire de Nice. Elle était accompagnée d’une affiche insultante visant directement Christian Estrosi. Le message comportait notamment une insulte ainsi qu’une étoile de David. Le maire, fervent soutien d’Israël et dont l’épouse est de confession juive, avait dénoncé un acte à caractère antisémite. Dans un premier temps, cette affaire avait suscité une condamnation unanime de la classe politique. Mais les développements récents de l’enquête ont rapidement transformé le dossier en polémique politique, certains évoquant la possibilité d’un complot ou d’une manipulation liée à la campagne municipale.
La campagne pour les municipales à Nice se déroule dans un climat particulièrement conflictuel. Christian Estrosi, maire de la ville depuis 2008, brigue un quatrième mandat. Face à lui, l’ancien ministre et député Éric Ciotti apparaît comme son principal rival. Les deux hommes, autrefois alliés au sein des Républicains, incarnent désormais deux lignes opposées de la droite française. Depuis plusieurs mois, la campagne est marquée par une succession d’attaques politiques, de polémiques et de rivalités personnelles. Certains observateurs évoquent même une campagne « de caniveau », où les échanges virulents ont souvent pris le pas sur les débats de fond. Dans ce contexte déjà tendu, l’affaire de la tête de porc a pris une dimension politique majeure.
Christian Estrosi dénonce une « machination ignoble »
Face aux soupçons qui circulent, Christian Estrosi a convoqué la presse pour dénoncer ce qu’il qualifie de « machination absolument ignoble ». Le maire de Nice assure vouloir connaître la vérité le plus rapidement possible et affirme ne rien avoir à voir avec une éventuelle mise en scène. Lors de cette prise de parole, il a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur cette affaire, estimant que la manipulation et l’infiltration d’une campagne électorale représentent un danger pour la démocratie locale.
Les investigations se poursuivent désormais pour déterminer qui est à l’origine de l’opération et dans quel objectif précis elle aurait été organisée. Les enquêteurs devront notamment établir si les faits relèvent d’une initiative individuelle, d’une manipulation orchestrée par des proches du camp municipal ou d’une tentative de déstabilisation politique. Dans un contexte électoral déjà explosif à Nice, l’affaire pourrait encore connaître de nouveaux rebondissements dans les semaines à venir.


