Ce mardi 14 juillet, à Dallas, l’équipe de France a été éliminée de la Coupe du monde 2026 par l’Espagne, 2-0. Un penalty provoqué par une faute de Lucas Digne sur Lamine Yamal, transformé par Mikel Oyarzabal. Un but de Pedro Porro au retour des vestiaires. Et entre les deux, 90 minutes de domination espagnole face à des Bleus méconnaissables. La planète France que célébrait la presse internationale il y a cinq jours s’est écrasée sur la Roja. Pour la troisième fois en deux ans.

Le penalty qui a tout fait basculer

Jusqu’à la 22e minute, la France tenait. Pas brillamment, mais elle tenait. Puis Lucas Digne a enchaîné deux gestes que n’importe quel joueur de district aurait voulu effacer : un contrôle raté de la tête sur un centre anodin, suivi d’un dégagement a l’aveugle en plein dans Lamine Yamal plutôt que dans le ballon, rapporte Franceinfo. Penalty. Oyarzabal s’est avancé et a transformé malgré le bon côté choisi par Mike Maignan. Ce but a changé la physionomie du match. L’Espagne, portée par un milieu de terrain impérial – Fabian Ruiz, Dani Olmo, Rodri -, a verrouillé la rencontre. Les trois hommes ont contrôlé le tempo, étouffé les relances françaises et choisi leurs moments pour accélérer, sans jamais se précipiter. 

Coté français, le carton jaune infligé a Adrien Rabiot des la 8e minute l’a placé sous la menace d’une expulsion pendant tout le premier acte. Deschamps l’a remplacé à la mi-temps par Manu Kone, sans que le changement ne modifie quoi que ce soit. Puis William Saliba, blessé, a dû céder sa place à Maxence Lacroix. En quelques minutes, la charnière centrale et le milieu de terrain des Bleus ont été amputés de deux titulaires. A la 58e minute, Pedro Porro a conclu une action collective d’un une-deux avec Dani Olmo qui a traversé la défense française comme si elle n’existait pas. 2-0. Le match était plié. Les Bleus n’ont plus trouvé la moindre ressource pour revenir.

La bête noire qui dévore les Bleus depuis deux ans

Euro 2024 en Allemagne : défaite contre l’Espagne en demi-finale. Ligue des nations 2025 : défaite contre l’Espagne. Coupe du monde 2026 : défaite contre l’Espagne en demi-finale. Trois confrontations en deux ans. Trois défaites. Zéro but marqué sur les deux dernières. La Roja est devenue l’obstacle que cette génération française ne parvient pas a franchir. Deschamps l’avait pourtant dit en conférence de presse la veille : « L’Espagne est favorite. » Il avait ajouté : « Il n’y a pas de revanche. Ce qui s’est passé est passé. Ce qui m’intéresse c’est demain. » Demain est arrivé, et il ressemble exactement aux défaites précédentes. Face aux Espagnols, les Bleus perdent ce qui fait leur force contre tous les autres : la capacité à contrôler le ballon, à imposer leur rythme, à faire parler leur talent offensif. Mbappe, Dembele, Barcola, Olise – tous muets. Pas un tir cadré dans le jeu. Pas une occasion franche en 90 minutes.

La différence se situe au milieu du terrain. Le trio Ruiz-Olmo-Rodri a joué un autre sport que ses vis-a-vis français. Plus propres dans les transmissions, plus sereins sous pression, plus intelligents dans le placement. C’est là que la France a perdu ce match – pas devant, pas derrière, mais dans ces quinze mètres centraux où se décide la possession et, avec elle, le contrôle du jeu.

Le dernier match de Deschamps, et la fin d'un cycle

Ce 14 juillet 2026 à Dallas marque aussi la fin d’une ère. Didier Deschamps, sélectionneur depuis 2012, dispute son dernier match de compétition à la tête des Bleus. Quatorze ans, une Coupe du monde gagnée (2018), une finale perdue aux tirs au but (2022), une Ligue des nations (2021), trois demi-finales de suite. Un bilan historique, que cette élimination ne ternit pas fondamentalement mais qui se termine sur le goût amer d’un rendez-vous manqué. Les Bleus joueront la petite finale samedi à Miami, contre le perdant d’Angleterre-Argentine. Ce sera le tout dernier match de Deschamps. 

Puis la page se tournera. Son successeur hérite d’une génération toujours intacte – Mbappé n’a que 27 ans, Dembele 29, Zaire-Emery 20, Olise 24 – mais aussi d’une énigme : pourquoi cette équipe « d’une autre planète », capable de balayer n’importe qui dans le monde, se liquéfie face à l’Espagne depuis deux ans ? La réponse, ce soir à Dallas, est la même qu’à Munich et à Amsterdam : la France a du talent à revendre, mais l’Espagne a un jeu. Et quand le jeu est plus fort que le talent, c’est le jeu qui passe. Les feux d’artifice du 14 juillet n’auront pas eu lieu sur le terrain du AT&T Stadium. Ils attendront quatre ans de plus.

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