Prendre sa voiture, acheter un billet de train ou simplement se rendre quelque part devient trop cher pour une partie croissante de la population. Selon Wimoov, 17 millions de Français majeurs sont désormais en situation de « précarité mobilité ».

Aller travailler, rendre visite à des proches ou effectuer certaines démarches : se déplacer est devenu un problème financier pour des millions de Français. Selon une enquête de l’association Wimoov publiée ce jeudi, 17 millions de personnes âgées de plus de 18 ans sont en situation de « précarité mobilité » en France en 2026. Cela représente 37 % de la population française majeure, soit plus d’un adulte sur trois.

Le phénomène progresse également rapidement. En 2024, Wimoov évaluait à 15 millions le nombre de personnes concernées. Deux ans plus tard, elles seraient donc deux millions de plus. Derrière ces chiffres se dessine une conséquence très concrète des difficultés de pouvoir d’achat : lorsque le budget ne suit plus, certains déplacements passent à la trappe.

17 millions de Français en « précarité mobilité », un chiffre en nette hausse

La notion de « précarité mobilité » met en lumière une difficulté qui peut être moins visible que la précarité alimentaire ou énergétique. Pourtant, pouvoir se déplacer conditionne une grande partie de la vie quotidienne. La mobilité permet d’accéder à un emploi, de se rendre à des rendez-vous, de voir ses proches ou encore de participer à des activités sociales. Dès lors que les déplacements deviennent financièrement difficiles, les conséquences peuvent dépasser largement la question des transports. Or, les données publiées par Wimoov témoignent d’une dégradation : 15 millions de Français majeurs étaient concernés en 2024, contre 17 millions en 2026.

Cette progression représente environ deux millions de personnes supplémentaires en seulement deux ans. Le chiffre de 37 % montre surtout que la difficulté ne touche plus une frange marginale de la population. Plus d’un adulte sur trois se trouve désormais, selon l’enquête, dans une situation relevant de cette précarité liée à la mobilité. Pour les ménages disposant d’un budget limité, les transports peuvent devenir une dépense sur laquelle il faut arbitrer. Posséder une voiture entraîne par exemple de multiples coûts : carburant, assurance, entretien ou réparations. Les transports collectifs représentent eux aussi une dépense, particulièrement lorsque les déplacements sont fréquents ou longs. Lorsque ces coûts deviennent trop importants par rapport aux ressources disponibles, une solution radicale peut finir par s’imposer : ne plus effectuer certains déplacements.

Quand le manque d’argent limite aussi l’accès au travail et à la vie sociale

Renoncer à un déplacement n’a évidemment pas les mêmes conséquences selon sa nature. Reporter une sortie de loisirs est une chose. Renoncer à une mobilité nécessaire à la vie professionnelle, familiale ou quotidienne en est une autre. C’est là que la précarité mobilité devient un problème social beaucoup plus large. La possibilité de se déplacer peut notamment conditionner l’accès à l’emploi. Une personne qui ne dispose pas d’une solution de transport adaptée peut rencontrer davantage de difficultés pour accepter un poste éloigné de son domicile ou travailler à des horaires auxquels les transports collectifs sont moins accessibles. Le problème est également territorial. Selon l’endroit où l’on vit, les alternatives à la voiture peuvent être nombreuses ou, au contraire, particulièrement limitées. Pour les personnes dépendantes de leur véhicule, une augmentation des dépenses associées aux déplacements peut donc peser lourdement sur le budget.

La mobilité joue aussi un rôle essentiel dans le maintien des liens sociaux. Réduire ses déplacements faute d’argent peut signifier voir moins souvent ses proches, limiter ses activités ou renoncer à certains rendez-vous. La hausse observée par Wimoov traduit ainsi une forme de précarité aux conséquences multiples. Elle montre surtout que les difficultés de pouvoir d’achat peuvent finir par réduire concrètement le périmètre dans lequel une personne peut vivre, travailler et entretenir ses relations sociales.En passant de 15 millions de personnes concernées en 2024 à 17 millions en 2026, le phénomène semble prendre de l’ampleur. Et derrière le chiffre de 37 % des Français majeurs, une réalité particulièrement simple se dessine : pour une partie croissante de la population, la question n’est plus seulement de savoir comment se déplacer, mais si son budget lui permet encore de le faire.

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