Une professeure d’arts plastiques a été grièvement blessée mardi après avoir été poignardée par un élève de 3ᵉ dans un collège de Sanary-sur-Mer. Le parquet écarte à ce stade toute motivation religieuse ou politique et privilégie la piste d’un passage à l’acte lié à un conflit scolaire.
Un drame d’une rare violence s’est produit mardi 3 février dans le Var. Une enseignante de 60 ans a été poignardée à plusieurs reprises par l’un de ses élèves, âgé de 14 ans, au sein du collège La Guicharde, à Sanary-sur-Mer. Les faits se sont déroulés en pleine classe, peu avant 14 heures, selon les premières déclarations du parquet.
L’enseignante, professeure d’arts plastiques, a reçu « trois ou quatre coups de couteau », notamment au torse, a précisé le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, lors d’une conférence de presse. Grièvement blessée, elle a été rapidement prise en charge par les secours avant d’être transportée à l’Hôpital d’instruction des armées Sainte-Anne, où elle a été opérée en urgence. Son pronostic vital restait engagé en fin de journée, même si les autorités se disaient prudemment optimistes sur l’issue de l’intervention.
Une attaque sans mobile idéologique identifié
Interpellé peu après les faits par un membre du personnel de l’établissement, l’adolescent n’a opposé aucune résistance. Né en mars 2011, il a été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. « Pour le moment, il n’y a pas de connotation religieuse ou politique », a insisté Raphaël Balland, cité par Le Monde. Le magistrat a indiqué que l’élève n’était « pas connu au pénal », mais présentait « des problématiques familiales ».
Selon les premiers éléments de l’enquête, le passage à l’acte pourrait s’inscrire dans un contexte de tensions répétées avec l’enseignante. Le procureur a évoqué des rapports disciplinaires récents qui auraient alimenté le ressentiment du collégien. Aucune revendication n’a été formulée et aucun signe de radicalisation n’a été relevé à ce stade. L’élève avait pris la fuite après l’agression, avant d’être maîtrisé dans la cour du collège. L’enquête a été confiée conjointement aux commissariats de Toulon et de Sanary-sur-Mer afin de reconstituer précisément le déroulé des faits et d’évaluer l’état psychologique du mis en cause.
Choc dans la communauté éducative
Le collège, décrit par le préfet du Var comme « réputé pour sa quiétude », a été immédiatement confiné. Les élèves ont ensuite été regroupés dans la cour, puis évacués à partir de 15 h 30. Une cellule psychologique a été mise en place pour accompagner élèves et personnels. Si les cours ont été suspendus le lendemain, l’établissement est resté ouvert afin d’accueillir les élèves qui en ressentiraient le besoin. Sur le plan politique, les réactions ont été rapides. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a exprimé sur X son « vif émoi » et assuré que ses pensées allaient « immédiatement à la victime, à sa famille et à l’ensemble de la communauté éducative ». Il a annoncé se rendre sur place. L’entourage du président de la République a indiqué à l’AFP qu’Emmanuel Macron était tenu informé de l’évolution de l’état de santé de l’enseignante. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a également fait part de « l’effroi » suscité par cette attaque.
Alors que l’enquête débute à peine, ce drame relance de manière brutale la question de la violence en milieu scolaire et de la prise en charge des élèves en grande difficulté. Les autorités judiciaires rappellent toutefois que toute interprétation hâtive du mobile doit être écartée tant que les investigations se poursuivent.


