L’Iran a un nouveau Guide suprême. Dimanche 8 mars, l’Assemblée des experts a désigné Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien dirigeant iranien Ali Khamenei, pour prendre la tête de la République islamique. Cette nomination intervient après la mort de son père, tué au premier jour de l’opération militaire menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Âgé de 56 ans, Mojtaba Khamenei devient ainsi le troisième Guide suprême de l’histoire de la République islamique, une fonction centrale qui concentre les principaux leviers du pouvoir politique, militaire et religieux dans le pays.
Une succession annoncée au sommet du pouvoir iranien
L’Assemblée des experts, organe religieux chargé de nommer le Guide suprême, a officialisé sa décision dans un communiqué relayé par les médias d’État iraniens. Selon cette déclaration, « l’ayatollah Mojtaba Hosseini Khamenei est nommé troisième guide du système sacré de la République islamique d’Iran », après un vote présenté comme « décisif » par les 88 membres de l’assemblée. L’institution a également appelé la population iranienne à soutenir le nouveau dirigeant et à préserver « l’unité nationale » autour de lui. Cette succession marque un tournant politique majeur pour l’Iran, puisque Ali Khamenei dirigeait le pays depuis 1989, soit plus de trois décennies.
Bien avant cette nomination, Mojtaba Khamenei était déjà considéré comme l’une des personnalités les plus puissantes du système politique iranien. Deuxième fils d’Ali Khamenei, il a longtemps évolué au cœur du Beit, le bureau du Guide suprême chargé de superviser les grandes décisions politiques et religieuses du régime. Plusieurs observateurs estimaient même qu’il jouait un rôle déterminant dans les coulisses du pouvoir, agissant comme un conseiller influent auprès de son père. Selon le Trésor américain, Mojtaba Khamenei aurait notamment travaillé en étroite collaboration avec la Force Qods, branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, ainsi qu’avec les milices paramilitaires Bassij.
Un soutien solide des Gardiens de la Révolution
Le nouveau Guide suprême entretient depuis longtemps des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution, pilier militaire et idéologique du régime iranien. Il aurait participé à la guerre Iran-Irak à la fin des années 1980, un épisode qui a contribué à renforcer son influence au sein de l’appareil sécuritaire du pays. Dans ses nouvelles fonctions, ce soutien militaire pourrait jouer un rôle déterminant dans la consolidation de son pouvoir, alors que l’Iran traverse une période de fortes tensions régionales.
Sur le plan religieux, Mojtaba Khamenei a étudié la théologie dans la ville de Qom, l’un des centres majeurs du chiisme. Contrairement à son père, il ne détenait toutefois pas le titre d’ayatollah au moment de sa nomination, mais celui d’hodjatoleslam, un rang intermédiaire dans la hiérarchie religieuse chiite. Malgré cela, son influence politique et ses réseaux au sein du pouvoir ont largement contribué à asseoir sa légitimité dans la succession de son père.
Un dirigeant déjà visé par des sanctions internationales
Avant même son accession au pouvoir suprême, Mojtaba Khamenei figurait déjà dans le viseur de plusieurs pays occidentaux. Les États-Unis l’avaient placé sous sanctions en 2019, l’accusant d’avoir participé à la consolidation du pouvoir de son père et à la répression des opposants. Selon une enquête publiée par Bloomberg début 2026, il serait également à la tête d’un important empire immobilier estimé à plus de 115 millions d’euros. Sa nomination intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la guerre en cours et les menaces internationales.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait d’ailleurs déclaré avant l’élection que tout successeur d’Ali Khamenei pourrait devenir une « cible ». De son côté, le président américain Donald Trump avait également affirmé qu’il n’accepterait pas la transmission du pouvoir au fils de l’ancien Guide suprême.

