Dimanche soir, Bally Bagayoko remporte dès le premier tour les élections municipales à Saint-Denis avec 50,77 % des voix, marquant une bascule politique dans cette ville emblématique de Seine-Saint-Denis. Dans la foulée, il intervient en duplex sur LCI depuis l’hôtel de ville, dans une ambiance festive et bruyante. Au cours de cet échange, il décrit Saint-Denis comme « la ville des rois et du peuple vivant ». Mais dans le brouhaha ambiant, certains téléspectateurs croient entendre une autre formulation. Cette confusion va prendre une tournure bien plus concrète le lendemain matin.

Des excuses publiques

Invité sur RMC, le nouveau maire est interrogé par Apolline de Malherbe, qui reprend à son compte cette interprétation erronée. Elle lui lance alors en direct : « alors qu’un de mes confrères vous interrogeait sur la “ville des rois”, vous disiez que c’est aussi la “ville des Noirs”, est-ce que ça, ça compte pour vous ? » Une affirmation qui repose sur des propos que l’élu n’a jamais tenus. Pris de court, Bally Bagayoko rectifie immédiatement : « Ce n’est pas la ville des Noirs, c’est la ville, donc des rois, et du peuple vivant, c’est ça le terme complet en fin de compte qui a été rappelé » Cette mise au point, claire et sans ambiguïté, met en lumière l’erreur commise en direct.

Face à cette séquence, la journaliste réagit quelques heures plus tard sur le réseau social X. Elle reconnaît explicitement son erreur et en explique l’origine : « Dans le brouhaha du duplex j’avais mal entendu ses propos dimanche soir minuit, et j’en suis désolée. Ses mots exacts étaient “ville des rois et du peuple vivant”. Il a eu l’occasion de le dire ce matin à mon micro » Des excuses rapides, mais qui interviennent après la diffusion d’une information erronée en direct à une large audience. De son côté, Bally Bagayoko avait également avancé sur LCI que sa victoire « montre que le chemin de la rupture dans les villes populaires comme Saint-Denis et Pierrefitte est le chemin qu’il faut pour l’ensemble des territoires populaires », vantant une ville qui, avec 150 nationalités, « représente en fin de compte tout ce que l’extrême droite déteste ». 

Les limites de l’information en continu

Cet épisode met en lumière les risques liés au traitement de l’information en continu. Une phrase mal entendue, non vérifiée, peut être reformulée à l’antenne comme un fait établi. Dans ce cas précis, la confusion s’est transformée en question, donnant à une interprétation le statut de déclaration. Au-delà de l’erreur individuelle, cette séquence pose une question plus large sur la rigueur journalistique. Dans un contexte de direct et de forte réactivité, la vérification des propos devient un enjeu crucial, en particulier lorsqu’ils touchent à des sujets sensibles. Elle rappelle aussi que les conditions techniques — ici le bruit lors d’un duplex — peuvent altérer la compréhension, mais ne dispensent pas de prudence avant de relayer une information.

Enfin, cet épisode intervient dans un moment politique clé pour Saint-Denis. Lors de son intervention initiale, Bally Bagayoko insistait sur l’identité plurielle de la ville, forte de ses nombreuses nationalités, qu’il présentait comme une richesse et un symbole. Entre erreur d’interprétation et diffusion d’une fausse information, cette séquence illustre les dérives possibles du direct, et la nécessité, plus que jamais, de revenir aux fondamentaux du journalisme : vérifier avant d’affirmer. 

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