Lyon accueille depuis dimanche un événement encore peu connu du grand public, mais aux enjeux majeurs : le « One Health Summit ». Ce sommet international, qui s’achève ce mardi 7 avril avec la présence attendue d’Emmanuel Macron, ambitionne de transformer en profondeur la manière dont le monde anticipe les crises sanitaires.
Un sommet stratégique pour repenser la santé mondiale après le Covid-19
Organisé à l’initiative du président français, ce rendez-vous réunit des dirigeants politiques, des organisations internationales, des scientifiques ainsi que des acteurs économiques. Son objectif : promouvoir une approche globale de la santé, fondée sur l’interdépendance entre les humains, les animaux et leur environnement. Le concept de « One Health » repose sur un constat désormais largement partagé par la communauté scientifique : les grandes crises sanitaires, comme la pandémie de Covid-19, sont souvent liées à des déséquilibres entre ces trois dimensions.
Déforestation, changement climatique, interactions accrues entre espèces… autant de facteurs qui favorisent l’émergence de nouvelles maladies. Dans ce contexte, l’Élysée insiste sur la nécessité d’un changement de paradigme : « Si l’on veut améliorer durablement la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète » Ce sommet s’inscrit dans la continuité des « One Planet Summits », mais constitue une première entièrement dédiée à la santé globale. Une manière pour la France de se positionner au cœur des réflexions internationales sur la prévention des pandémies.
Coopération internationale, maladies et environnement : les grands axes du sommet
Les discussions du One Health Summit s’articulent autour de trois grands axes, qui traduisent les priorités actuelles en matière de santé publique mondiale. Le premier concerne le renforcement de la coopération internationale. Partage de données, coordination scientifique, collaboration entre États : autant d’outils jugés indispensables pour anticiper et contenir les crises sanitaires à venir. Le deuxième axe porte sur les maladies infectieuses d’origine animale, appelées zoonoses. Ces infections, qui peuvent passer de l’animal à l’homme, ont été au cœur de la pandémie de Covid-19. Leur surveillance et leur prévention sont désormais considérées comme essentielles pour éviter de nouvelles crises.
Enfin, le sommet aborde les maladies liées à l’environnement, comme les pathologies cardiovasculaires ou le diabète, dont l’augmentation est en partie liée aux conditions de vie et aux changements environnementaux. Emmanuel Macron doit conclure ce mardi les travaux lors d’une session de haut niveau, organisée autour de trois thématiques : gouvernance et science, maladies transmissibles et maladies non transmissibles. À cette occasion, plusieurs engagements internationaux pourraient être annoncés. Pour le chef de l’État, l’enjeu est clair : « Il faut penser ensemble la préservation de la santé et la protection de la nature »
Au-delà des annonces, ce sommet marque une évolution dans la manière d’aborder les enjeux sanitaires. Plutôt que de réagir aux crises, il s’agit désormais de les prévenir en agissant sur leurs causes profondes. Dans un monde marqué par les pandémies, les dérèglements climatiques et les crises sanitaires récurrentes, l’approche « One Health » pourrait bien s’imposer comme un nouveau standard. Reste à savoir si les engagements pris à Lyon se traduiront concrètement dans les politiques publiques à venir.


