Deux matchs, deux victoires, six buts marqués, zéro encaissé en phase de groupes. Et une presse étrangère unanime : la France est l’équipe à battre dans cette Coupe du monde 2026.
ESPN a sacré Ousmane Dembélé « meilleur joueur du monde ». Al Jazeera estime que les Bleus pourraient « aligner trois équipes capables de gagner le Mondial ». FourFourTwo parle d’un « effectif plus fort que tous les autres sur le papier ». Derrière ces louanges, un trio que toute la planète football surnomme déjà les « trois mousquetaires » : le Ballon d’Or Dembélé, le capitaine Mbappé et le phénomène Olise. Avant France-Norvège jeudi à Boston, tour d’horizon de ce que le monde dit des Bleus.
« Le meilleur joueur du monde » joue en bleu
C’est l’affirmation la plus retentissante de la presse anglo-saxonne. Dans son classement des 50 meilleurs joueurs du Mondial 2026 publié quatre jours avant le coup d’envoi, ESPN pose la question : « Pourquoi Dembélé est-il le meilleur joueur de football du monde ? » Le média américain décrit une transformation spectaculaire : « Il y a quatre ans, Dembélé concédait un penalty en finale de la Coupe du monde et était remplacé avant la mi-temps. Un an plus tard, il rejoignait le PSG comme figurant dans l’ombre de Mbappé. Puis, l’été suivant, Mbappé est parti au Real Madrid et Dembélé a pris sa place comme point focal de l’attaque. » Depuis, le PSG a remporté deux Ligue des champions consécutives et Dembélé a décroché le Ballon d’Or 2025.
Le changement de statut est total. Là où Mbappé est décrit par ESPN comme « le pire et le moins investi des défenseurs du football moderne », Dembélé cumule dribbles, création et pressing. L’analyse est tranchante mais argumentée : le départ de Mbappé a transformé Paris en « la meilleure équipe de pressing du monde ». Une révolution tactique qui bénéficie directement à l’équipe de France, où le trio parisien Barcola-Dembélé-Doué apporte une cohésion forgée par des centaines de matchs ensemble en club.
Les « trois mousquetaires » version 2026
L’UEFA a identifié le trio offensif parisien — Bradley Barcola, Ousmane Dembélé et Désiré Doué, comme le moteur de l’attaque française, qualifiée d’« en grande forme ». Mais la presse internationale élargit le cercle des « mousquetaires » à une galaxie de talents qui fait tourner la tête des observateurs. Mbappé, capitaine et meilleur buteur de l’histoire des Bleus en Coupe du monde (16 buts), approche les 100 sélections et n’est plus qu’à un but du record national d’Olivier Giroud (57 buts). Michael Olise, étincelant au Bayern Munich, est cité par FIFAWorldCupNews comme « l’un des principaux prétendants au Ballon d’Or 2026 ». Rayan Cherki, transféré à Manchester City, apporte une créativité supplémentaire. Marcus Thuram, Warren Zaïre-Emery, Maghnes Akliouche : chaque poste offre deux ou trois options de calibre Champions League.
C’est l’ancien gardien international Bernard Lama qui résume le mieux la situation auprès d’Al Jazeera : « Nous avons la chance d’avoir encore ces joueurs capables de faire la différence individuellement. Mbappé, Dembélé, Doué : ils détestent perdre et, physiquement et techniquement, ils peuvent changer un match à eux seuls. »
« Trois équipes capables de gagner le Mondial »
L’affirmation la plus vertigineuse vient du défenseur belge Thomas Meunier, rapportée par Al Jazeera : la France aurait le vivier pour « aligner trois équipes capables de remporter la Coupe du monde ». Exagération ? Les chiffres disent le contraire. Selon Transfermarkt, un onze composé des joueurs français non retenus par Deschamps se classerait parmi les cinq sélections les plus chères du tournoi, devant le Portugal, le Brésil, les Pays-Bas et l’Argentine championne en titre.
Eduardo Camavinga (Real Madrid), Leny Yoro (Manchester United), Khephren Thuram (Juventus), Senny Mayulu (PSG) : ces absents de la liste joueraient titulaires dans la plupart des sélections participantes. World Soccer Talk synthétise : « La France entre dans cette Coupe du monde avec l’un des effectifs les plus talentueux et les plus complets parmi toutes les équipes de football international. » FourFourTwo abonde : « Un effectif qui paraît plus fort que la plupart des autres sur le papier. »
Deux matchs, six buts : la preuve par le terrain
Les éloges de la presse ne seraient que du vent si le terrain ne suivait pas. Or, la phase de groupes a confirmé la hiérarchie. Victoire 3-1 contre le Sénégal à New York pour l’entrée en lice, puis 3-0 contre l’Irak à Philadelphie. Six buts marqués, aucun encaissé sur les deux derniers matchs, une maîtrise collective saluée unanimement. Le dernier match de poule, jeudi 26 juin contre la Norvège d’Erling Haaland à Boston, s’annonce comme le premier vrai test. Mais avec la qualification déjà assurée, Deschamps pourrait faire tourner et offrir du temps de jeu à ses remplaçants de luxe — ceux-là mêmes qui, ailleurs, seraient des titulaires indiscutables.
Toutes ces louanges portent aussi la marque d’un homme. Didier Deschamps, sélectionneur depuis 2012, dispute son dernier tournoi à la tête des Bleus. Il est l’un des trois seuls hommes à avoir remporté la Coupe du monde comme joueur et comme entraîneur. En quatorze ans, il a conduit la France à trois finales (2006 comme adjoint de Domenech, 2018 et 2022 comme sélectionneur), en remportant une. FourFourTwo salue « la plus longue et la plus fructueuse période de gestion de la sélection française ». L’ancien attaquant Olivier Giroud, dans un entretien accordé au même média, résume la force du groupe actuel : « Le talent offensif que possède cette équipe de France est spécial. Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé peuvent tous les deux porter l’équipe cet été. »
La question n’est plus de savoir si la France est talentueuse. La presse mondiale l’a tranchée. La question est de savoir si ce talent se transformera en troisième étoile. Le dernier match de poule contre la Norvège, puis la phase à élimination directe, apporteront un début de réponse. Mais une chose est sûre : pour la première fois depuis longtemps, le monde entier regarde la France non pas comme un outsider de luxe, mais comme l’équipe à abattre.


