Le ministère de la Santé a annoncé jeudi 6 août qu’un voyageur franco-argentin avait été testé positif à la souche des Andes de l’hantavirus après avoir transité en France durant la deuxième quinzaine de juillet. Le patient, actuellement isolé avec sa famille en Espagne, n’a présenté que de légers symptômes et n’en a plus. « À ce stade, nous ne sommes pas face à un virus présentant une circulation diffuse dans la population », a affirmé le ministère dans son communiqué. Le Centre national de référence des hantavirus a confirmé qu’il s’agissait bien de la souche des Andes, la seule capable de se transmettre entre humains.
Un cas importé, pas une chaîne de transmission locale
Ce qui rassure les épidémiologistes, c’est le profil du cas. Le patient est un voyageur franco-argentin. L’Argentine est une zone d’endémie de la souche des Andes, où le virus circule chez les rongeurs depuis des décennies. L’hypothèse la plus probable est qu’il a été contaminé en Amérique du Sud avant d’arriver en Europe, puis qu’il a développé des symptômes pendant ou après son passage en France, la période d’incubation pouvant aller de une à six semaines, rapporte Franceinfo.
Le ministère précise que le patient « a transité en France la deuxième quinzaine du mois de juillet » et qu’il est « isolé avec sa famille en Espagne », rapporte Franceinfo. Des mesures de suivi des contacts ont été mises en place en coordination avec les autorités sanitaires espagnoles.
Pourquoi ce cas ne doit pas affoler
Ce nouveau cas est un rappel que le virus n’a pas disparu avec la fin de l’épisode du MV Hondius, officiellement déclaré terminé le 2 juillet par l’OMS. Tedros Adhanom Ghebreyesus avait alors précisé qu’« aucun autre cas n’avait été signalé depuis le 25 mai ». Six semaines plus tard, un cas réapparaît — mais il n’est pas lié au navire de croisière.La souche des Andes reste la seule parmi les hantavirus connue pour se transmettre d’un être humain à un autre, lors de « contacts étroits et prolongés », rappelle le ministère. Mais cette transmission nécessite une proximité intime avec un malade symptomatique. Pas de contagion aérienne, pas de transmission présymptomatique, pas de propagation dans les transports en commun ou dans la rue. C’est ce qui distingue fondamentalement ce virus du Covid-19 et qui justifie le ton mesuré des autorités.
Après un printemps marqué par trois morts et 650 contacts suivis dans 33 pays, après les quarantaines de 45 jours et les rapatriements militaires, ce cas isolé chez un voyageur quasiment guéri rappelle que le risque existe toujours, mais que le système de surveillance, lui, fonctionne. Le virus a été détecté, le patient est isolé, les contacts sont suivis. C’est exactement ce que l’OMS avait demandé à tous les États de maintenir après la fin de l’épisode du MV Hondius : une vigilance active, même quand l’épidémie semble terminée.

