Et si la façon dont nous vieillissons se jouait aussi chaque nuit ? Une vaste étude suggère qu’une durée précise de sommeil serait associée à un vieillissement biologique plus lent.

Le sommeil pourrait laisser une empreinte jusque dans notre vieillissement biologique

Dormir suffisamment ne permet pas seulement d’être plus reposé le lendemain. Le sommeil joue un rôle essentiel dans la mémoire, le fonctionnement du système immunitaire, la santé cardiovasculaire ou encore la régulation du métabolisme. Mais son influence pourrait aller encore plus loin : nos nuits seraient également liées à la vitesse à laquelle notre organisme vieillit. C’est ce que suggère une vaste étude consacrée aux liens entre la durée du sommeil et le vieillissement biologique. Les chercheurs se sont intéressés non seulement à l’âge inscrit sur la carte d’identité des participants, mais aussi à différents marqueurs permettant d’évaluer l’état de vieillissement de leur organisme.

Car deux personnes du même âge chronologique ne vieillissent pas nécessairement de la même manière. L’alimentation, l’activité physique, le tabagisme, certaines maladies et de nombreux facteurs environnementaux peuvent influencer ce que les scientifiques désignent comme l’âge biologique. Et le sommeil semble faire partie de l’équation. Les résultats montrent notamment qu’une durée de sommeil située autour de 7 à 8 heures par nuit est associée aux indicateurs les plus favorables. Les personnes dormant régulièrement dans cette fourchette auraient tendance à présenter un vieillissement biologique moins marqué que celles dont les nuits sont beaucoup plus courtes.

Une conclusion qui rejoint les recommandations généralement formulées pour les adultes, même si les besoins individuels peuvent varier avec l’âge et l’état de santé. Surtout, cela ne signifie pas que dormir huit heures constitue une recette permettant mécaniquement de rester jeune. Une étude observationnelle peut mettre en évidence une association, mais elle ne permet pas à elle seule de démontrer que la durée du sommeil est directement responsable d’un ralentissement du vieillissement.

Dormir trop peu, mais aussi trop longtemps, peut être associé à une moins bonne santé

Les nuits très courtes sont depuis longtemps associées à différents problèmes de santé. Un manque de sommeil répété perturbe notamment la régulation hormonale, la pression artérielle, le métabolisme et certaines fonctions immunitaires. Le sommeil est également une période durant laquelle l’organisme accomplit de nombreux processus de récupération. Le cerveau consolide certains souvenirs, tandis que plusieurs mécanismes de réparation et de régulation se mettent en place. À long terme, une dette de sommeil chronique peut donc peser sur l’état général de l’organisme. Mais l’étude rappelle également un point moins intuitif : dormir énormément n’est pas nécessairement synonyme de meilleure santé. Des durées de sommeil particulièrement longues sont elles aussi régulièrement associées, dans les travaux scientifiques, à certains indicateurs de santé défavorables.

Il faut cependant interpréter ce constat avec précaution. Dormir longtemps peut parfois être la conséquence, et non la cause, d’un problème de santé sous-jacent. Certaines maladies, la dépression, des troubles du sommeil ou certains traitements peuvent par exemple augmenter le besoin de dormir. C’est donc plutôt une forme d’équilibre qui semble ressortir des recherches : pour de nombreux adultes, une nuit régulière d’environ 7 à 8 heures constitue une référence raisonnable. La durée n’est d’ailleurs pas le seul critère. La qualité et la régularité du sommeil comptent également. Dormir huit heures tout en multipliant les réveils nocturnes ne procure pas nécessairement la même récupération qu’un sommeil continu.

Sept à huit heures : un chiffre à retenir, mais pas une formule anti-âge

Faut-il pour autant régler son réveil afin d’obtenir exactement huit heures de sommeil chaque nuit ? Pas forcément. Les besoins varient d’une personne à l’autre et évoluent au cours de la vie. L’objectif est davantage de disposer d’un sommeil suffisamment long, régulier et réparateur que d’atteindre chaque nuit un chiffre à la minute près. Les résultats de cette étude apportent néanmoins un argument supplémentaire en faveur d’une bonne hygiène de sommeil. Se coucher à des horaires relativement réguliers, limiter les excitants en soirée, conserver une chambre sombre et éviter une exposition excessive aux écrans juste avant le coucher peuvent favoriser de meilleures nuits.

En cas de fatigue persistante malgré une durée de sommeil suffisante, de réveils très fréquents ou de somnolence importante pendant la journée, il est préférable d’en parler à un professionnel de santé. Des troubles comme l’apnée du sommeil peuvent en effet passer longtemps inaperçus. Cette vaste étude ne révèle donc pas une nouvelle fontaine de jouvence. Elle renforce plutôt une idée de plus en plus documentée : bien dormir fait partie des comportements associés à un vieillissement en meilleure santé.Et parmi les nombreuses habitudes que l’on peut modifier au quotidien, préserver régulièrement sept à huit heures pour une véritable nuit de sommeil pourrait être l’une des plus simples à ne pas négliger.

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