Un livre à paraître affirme que Benyamin Nétanyahou aurait été averti dix jours avant le 7-Octobre qu’une importante opération du Hamas se préparait. Une révélation qui relance une question extrêmement sensible en Israël : que savait réellement le Premier ministre avant l’attaque ?
C’est une révélation susceptible de raviver l’un des débats les plus douloureux de la politique israélienne depuis le 7 octobre 2023. Selon un livre à paraître, Benyamin Nétanyahou aurait reçu, dix jours avant l’attaque du Hamas contre Israël, une information particulièrement inquiétante. Le président des Émirats arabes unis l’aurait averti que Yahya Sinouar, alors chef du Hamas dans la bande de Gaza, préparait une « opération majeure contre Israël ».
Si cette affirmation était confirmée, elle poserait immédiatement une série de questions : quelle était la précision de l’alerte ? Comment a-t-elle été interprétée ? A-t-elle été transmise aux services de sécurité et à l’armée ? Et surtout, quelles décisions ont été prises après sa réception ? À ce stade, l’existence et la portée exacte de cette alerte doivent toutefois être présentées avec prudence : il s’agit d’une affirmation rapportée par un ouvrage à paraître, et non d’un fait établi par les seuls éléments disponibles ici.
Une alerte dix jours avant le 7-Octobre : ce que le livre affirme
D’après les révélations rapportées, l’avertissement serait intervenu dix jours seulement avant l’attaque du 7 octobre. Le président des Émirats arabes unis aurait informé Benyamin Nétanyahou que Yahya Sinouar « planifiait une opération majeure contre Israël ». Cette formulation est particulièrement importante. Une information indiquant qu’une « opération majeure » est en préparation ne signifie pas nécessairement que sa date, sa localisation, son ampleur ou son mode opératoire sont connus. Pour déterminer la portée réelle d’une telle alerte, il faudrait donc savoir exactement quelles informations auraient été communiquées au Premier ministre israélien. C’est précisément ce qui rend ces révélations politiquement explosives mais également délicates à interpréter.
Le 7 octobre 2023, l’attaque menée par le Hamas contre Israël avait pris de court les dispositifs de sécurité israéliens et provoqué un traumatisme majeur dans le pays. Depuis, la question des responsabilités politiques, militaires et sécuritaires occupe une place centrale dans le débat public israélien. L’hypothèse selon laquelle le chef du gouvernement aurait personnellement reçu une mise en garde venue d’un dirigeant étranger quelques jours auparavant ne peut donc qu’alimenter les interrogations. Mais entre « avoir été alerté d’une menace » et « connaître à l’avance le projet d’attaque du 7-Octobre », la différence est considérable.
Les révélations du livre ne permettent pas, à partir des seuls éléments disponibles, d’affirmer que Benyamin Nétanyahou connaissait le scénario précis qui allait se produire. Elles posent en revanche une question politique majeure : si l’avertissement a bien été formulé, comment a-t-il été traité par les autorités israéliennes ?
Pourquoi ces révélations peuvent devenir explosives pour Nétanyahou
L’affaire intervient sur un terrain déjà extrêmement sensible. Depuis le 7-Octobre, les défaillances ayant précédé l’attaque font l’objet d’un débat intense en Israël. La question n’est pas seulement de comprendre pourquoi les assaillants ont pu surprendre le pays, mais également d’établir la chaîne des informations et des décisions ayant précédé l’offensive. Ces nouvelles révélations pourraient déplacer une partie du débat directement vers le sommet de l’État. Si l’existence de l’avertissement était confirmée, plusieurs points deviendraient essentiels : Benyamin Nétanyahou avait-il demandé une vérification ? Les services de renseignement avaient-ils été informés ? L’alerte avait-elle été considérée comme suffisamment crédible pour justifier des mesures particulières ?
Sans réponses à ces questions, il serait prématuré d’en tirer des conclusions définitives. La nature même du renseignement complique également le débat. Les dirigeants et services de sécurité reçoivent régulièrement des informations dont la fiabilité et le degré de précision peuvent être très variables. Une alerte générale n’a pas la même valeur opérationnelle qu’un renseignement donnant une date, un lieu et un plan détaillé. Toute la question est donc de savoir ce que contenait réellement le message attribué au président émirati. Pour Benyamin Nétanyahou, l’enjeu est considérable. Si le livre apporte des éléments suffisamment précis et documentés, ses opposants pourraient s’en servir pour contester davantage la gestion politique et sécuritaire ayant précédé le 7-Octobre. À l’inverse, si l’avertissement se révèle général, imprécis ou impossible à vérifier, sa portée pourrait être beaucoup plus limitée. Une chose est certaine : ces révélations relancent une question qui reste au cœur du traumatisme israélien.
Que savaient les responsables politiques et sécuritaires avant le 7 octobre 2023, et auraient-ils pu faire davantage pour empêcher l’attaque ? L’affirmation selon laquelle Benyamin Nétanyahou aurait été personnellement alerté dix jours avant l’offensive ajoute désormais une pièce particulièrement sensible à ce débat. Mais pour déterminer s’il s’agit d’un véritable tournant dans l’établissement des responsabilités, il faudra connaître le contenu exact de l’alerte, les éléments sur lesquels repose le livre et la manière dont cette information aurait été traitée par le pouvoir israélien.


