Produire davantage, et surtout le faire rapidement. Emmanuel Macron a écrit à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour lui demander de desserrer certaines contraintes pesant sur les raffineries. Lobjectif affiché est considérable : permettre une augmentation rapide de 20 % de la production de carburant. Cette démarche française place désormais Bruxelles face à un arbitrage délicat. Il sagit de donner davantage de marge de manœuvre aux raffineries dans un contexte de tensions énergétiques, sans pour autant remettre durablement en cause le cadre réglementaire européen.

La proposition pourrait avoir des conséquences très concrètes si elle était acceptée. Une capacité de raffinage supplémentaire permettrait daccroître les volumes de carburants disponibles. Mais avant que les raffineries puissent effectivement produire ces 20 % supplémentaires, la France doit obtenir le feu vert européen demandé par Emmanuel Macron.

Pourquoi Emmanuel Macron veut augmenter de 20 % la production de carburant

La demande présidentielle répond dabord à un impératif : augmenter rapidement les capacités de production. Les raffineries transforment le pétrole brut en différents produits utilisables, notamment en essence et en gazole. Lorsque leurs capacités sont contraintes alors que la demande reste importante, augmenter leur production devient un levier pour accroître lapprovisionnement du marché. Emmanuel Macron estime quun assouplissement des contraintes permettrait précisément aux installations concernées de produire jusqu’à 20 % de carburant supplémentaire rapidement.

Le chiffre est loin d’être négligeable. Une telle augmentation pourrait contribuer à renforcer loffre disponible, mais elle ne signifie pas nécessairement que les automobilistes constateraient automatiquement une diminution équivalente des prix à la pompe. Le prix final des carburants dépend en effet de nombreux paramètres, dont le cours du pétrole, les coûts de raffinage et de distribution ainsi que la fiscalité. Lobjectif immédiat semble donc avant tout être celui de la disponibilité du carburant et de la capacité de production, davantage quune promesse mécanique de baisse des prix de 20 %. Reste une difficulté majeure : les règles que la France souhaite voir assouplies ne dépendent pas uniquement de Paris. Cest pourquoi le chef de l’État sadresse directement à Ursula von der Leyen.

La décision est désormais entre les mains de Bruxelles

La lettre adressée à la présidente de la Commission européenne montre que la France souhaite obtenir une réponse au niveau européen. Emmanuel Macron demande un desserrement des contraintes sur les raffineries afin que celles-ci puissent augmenter rapidement leur activité. Avec les seuls éléments disponibles, il serait toutefois prématuré de détailler précisément quelles obligations seraient suspendues ou assouplies, pendant combien de temps et pour quelles installations. Ces modalités seront déterminantes. Un assouplissement temporaire destiné à répondre à une situation exceptionnelle naurait évidemment pas la même portée quune modification durable de la réglementation applicable au secteur. La réponse dUrsula von der Leyen sera donc particulièrement observée.

Si Bruxelles donne son accord, les regards se tourneront immédiatement vers les raffineries afin de déterminer à quelle vitesse les 20 % de production supplémentaire annoncés pourraient réellement être atteints et quels effets cette augmentation aurait sur lapprovisionnement. La démarche dEmmanuel Macron illustre surtout le retour au premier plan dune préoccupation stratégique : disposer de capacités suffisantes pour transformer le pétrole et alimenter le marché en carburants lorsquune tension apparaît. Elle pourrait également ouvrir un débat plus large au niveau européen sur l’équilibre entre contraintes réglementaires, objectifs environnementaux et sécurité énergétique. Pour lheure, la proposition française tient donc en un objectif particulièrement clair : permettre aux raffineries de produire rapidement 20 % de carburant en plus.

Mais sa réalisation dépend désormais dune décision européenne. En écrivant directement à Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron demande à Bruxelles de desserrer suffisamment les contraintes pour permettre aux raffineries daccélérer la cadence.

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