Près d’un Français sur quatre prévoit de participer au Dry January 2026, selon un sondage exclusif YouGov. Une pratique surtout portée par les 25-34 ans, motivés avant tout par la santé.
Chaque début d’année, le même défi revient : passer le mois de janvier sans alcool. Importé du Royaume-Uni et lancé en France en 2020 par plusieurs associations, le Dry January, ou « défi de janvier », s’est progressivement imposé dans le paysage des bonnes résolutions. Derrière l’aspect ponctuel du challenge, il traduit une remise en question plus large du rapport des Français à l’alcool, longtemps perçu comme banal et indissociable de la convivialité. Mais cette sobriété temporaire reste-t-elle marginale ou est-elle en train de devenir une pratique de masse ? Un sondage exclusif réalisé par YouGov apporte un éclairage précis sur l’adhésion réelle des Français au Dry January 2026.
Près d’un quart des Français prêts à tenter le mois sans alcool
Selon ce sondage, 23 % des Français déclarent avoir l’intention de participer au Dry January 2026. Autrement dit, près d’un Français sur quatre envisage de s’abstenir totalement d’alcool pendant tout le mois de janvier. Un chiffre significatif, qui confirme que le défi a dépassé le stade de phénomène confidentiel. Cette moyenne nationale masque toutefois de fortes disparités générationnelles. Ce sont les 25-34 ans qui apparaissent comme les plus engagés : 47 % d’entre eux comptent participer au Dry January, soit presque un sur deux.
Mieux encore, une partie de cette tranche d’âge ne découvre pas le défi : 21 % l’ont déjà expérimenté et souhaitent recommencer, signe que la sobriété ponctuelle commence à s’ancrer durablement dans les habitudes de cette génération. À l’inverse, l’enthousiasme est nettement plus mesuré chez les plus jeunes et les plus âgés. Seuls 9 % des 18-24 ans envisagent de relever le défi, tandis que les 55 ans et plus ne sont que 16 % à se déclarer intéressés. Un écart qui interroge sur les différences de rapport à l’alcool selon les âges, mais aussi sur la perception même du Dry January.
Qui boit de l’alcool en France ? Des pratiques très contrastées
Le sondage permet aussi de dresser un état des lieux de la consommation d’alcool en France. Contrairement à certaines idées reçues, les plus jeunes sont aussi ceux qui déclarent le plus souvent ne pas boire du tout. 34 % des 18-24 ans affirment ne « jamais boire d’alcool », soit la proportion la plus élevée parmi toutes les tranches d’âge, contre 23 % en moyenne dans l’ensemble de la population. Les différences sont également marquées entre les genres. Les hommes déclarent une consommation plus régulière que les femmes : 24 % des hommes disent boire de l’alcool plusieurs fois par semaine, contre 13 % des femmes. À l’inverse, 23 % des femmes affirment consommer de l’alcool moins d’une fois par mois, contre 14 % des hommes. Ces écarts se retrouvent dans la participation au Dry January. Les hommes sont proportionnellement plus nombreux à s’y engager (28 %, contre 18 % des femmes). Une donnée qui peut surprendre, mais qui s’explique en partie par une consommation initiale plus fréquente chez les hommes, et donc un sentiment plus fort de « pause nécessaire ».
Santé, modération, économies : les motivations derrière le Dry January
Pourquoi les Français se lancent-ils dans un mois sans alcool ? La réponse est claire : la santé arrive largement en tête. 41 % des sondés citent l’amélioration de leur état de santé comme principale motivation. Une préoccupation transversale, qui dépasse les clivages d’âge et de genre. Vient ensuite l’envie de réduire durablement sa consommation d’alcool, citée par 32 % des répondants. Là encore, les différences sont marquées : cette motivation concerne 42 % des hommes, mais seulement 16 % des femmes. Chez les 25-34 ans, c’est même la première raison évoquée, avec 49 % de réponses, contre 18 % seulement chez les 55 ans et plus. D’autres motivations plus pragmatiques émergent également. 28 % des Français voient dans le Dry January un moyen de faire des économies après les dépenses de fin d’année. Un quart espèrent perdre du poids, tandis que 23 % utilisent ce mois de sobriété comme un test, pour évaluer leur dépendance ou leur rapport à l’alcool.
L’effet de groupe, clé pour tenir jusqu’au 31 janvier
Rester sobre pendant un mois n’est pas toujours simple, et les participants en ont conscience. Pour tenir la durée, la majorité mise sur le collectif. 59 % des personnes interrogées comptent faire le Dry January avec des proches : en couple, entre amis ou en famille. Cet effet de groupe joue un rôle central dans la réussite du défi. Il transforme une démarche individuelle en expérience partagée, réduisant le sentiment de frustration et renforçant la motivation. Un élément clé qui explique sans doute pourquoi le Dry January progresse d’année en année.
Au-delà des chiffres, ce sondage illustre une évolution plus profonde. Le Dry January n’est plus seulement un défi ponctuel, mais le symptôme d’un changement de regard sur l’alcool, en particulier chez les jeunes adultes. Moins automatique, plus réfléchi, parfois remis en question : le rapport à la boisson évolue, lentement mais sûrement. Si la majorité des Français ne participe pas encore au Dry January, l’initiative semble désormais solidement installée dans le débat public. Et pour une part croissante de la population, janvier devient le mois d’une pause assumée — non pas par contrainte, mais par choix.

