La scène internationale est marquée par un débat inédit et potentiellement explosif autour de déclarations du président américain Donald Trump concernant le Groenland, territoire semi-autonome du Royaume du Danemark. Ces propos, exprimés dans plusieurs discours publics et rencontres politiques, ont ravivé une vieille controverse sur la présence et l’influence des États-Unis dans l’Arctique, suscitant des réactions vives de la part des autorités danoises, des dirigeants groenlandais et de nombreux experts en géopolitique.
Dans des déclarations relayées récemment, Trump a affirmé que les États-Unis “allaient s’occuper du Groenland” qu’importe l’avis de ses habitants, avançant des justifications liées à la sécurité nationale et à la concurrence avec la Russie ou la Chine dans la région arctique. Cette rhétorique a été perçue comme une menace implicite d’annexion ou d’intervention accrue — un sujet qui n’est pas nouveau mais qui atteint une intensité particulière après une série d’événements internationaux, dont une attaque militaire américaine au Venezuela et des tensions commerciales croissantes.
Alors que le Groenland est reconnu comme territoire autonome depuis des décennies, avec une forte volonté d’autodétermination parmi sa population, les récentes menaces ont soulevé une crise diplomatique potentielle entre les États-Unis, le Danemark, l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux.
Les déclarations de Donald Trump et leurs implications géopolitiques
Rappel des propos récents de Donald Trump
Donald Trump a intensifié sa rhétorique au sujet du Groenland lors de plusieurs allocutions récentes, insistant sur l’importance stratégique de ce territoire pour la sécurité nationale américaine. Selon des sources d’actualité, Trump a déclaré que les États-Unis “allaient faire quelque chose avec le Groenland qu’importe qu’ils l’aiment ou non”, ciblant notamment la concurrence géopolitique avec la Russie et la Chine dans l’Arctique.
Trump a argué que si Washington ne prenait pas de mesures, Moscou ou Pékin pourraient gagner de l’influence dans l’Arctique, une région riche en ressources naturelles et positionnée stratégiquement entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Il a également relié cette argumentation à une posture qu’il affirme être essentielle pour la “sécurité de la nation”.
Ces propos reprennent et amplifient des idées déjà évoquées par Trump lors de son précédent mandat présidentiel, où il avait dit vouloir que les États-Unis possèdent le Groenland ou en exercent un contrôle accru, pour contrer les ambitions des puissances rivales. Ce regain de discours agressif intervient alors que une grande partie de la population groenlandaise préfère rester autonome ou s’éloigner progressivement du Danemark, sans adhérer à une annexion forcée par Washington.
Arguments avancés par l’administration américaine
L’administration Trump et ses partisans avancent plusieurs arguments pour justifier cette posture :
Sécurité nationale : le Groenland est vu comme un point stratégique pour la surveillance des voies aériennes et maritimes entre l’Amérique et l’Europe, notamment dans un contexte d’intensification de la présence navale de la Russie et de la Chine dans l’Arctique.
Présence militaire accrue : certains responsables américains évoquent l’importance de renforcer la présence militaire américaine dans la région pour prévenir toute avancée russe ou chinoise.
Ressources naturelles : avec le réchauffement climatique rendant plus accessibles des minéraux, des métaux rares et potentiellement des hydrocarbures, davantage de voix au sein de l’administration américaine soulignent l’intérêt économique, bien que cela soit moins souvent mis en avant publiquement par Trump lui-même.
Toutefois, certains de ces arguments sont remis en question par des analystes internationaux, qui soulignent que les États-Unis disposent déjà d’accords militaires (notamment via la base de Pituffik) et que l’accès aux ressources peut se faire sans annexion politique complète.
Réactions internationales et enjeux pour l’Arctique
Opposition groenlandaise, danoise et européenne
Les déclarations de Trump ont rencontré une résistance ferme de la part du gouvernement groenlandais. Jens Frederik Nielsen, Premier ministre de la région, a déclaré que les propos américains étaient inacceptables et que toute décision concernant l’avenir du Groenland devait revenir aux Groenlandais eux-mêmes et à leur partenaire danois, selon des réactions relayées par les médias.
Copenhague, capitale du Danemark, a également exprimé sa colère. La Première ministre danoise a averti que toute intervention unilatérale américaine constituerait une violation flagrante du droit international et pourrait menacer la stabilité même de l’Alliance atlantique.
Au niveau européen, les réponses ont été similaires : plusieurs pays, dont la France, l’Allemagne et l’Italie, ont réaffirmé le respect de la souveraineté groenlandaise et danoise. L’Italie, par la voix de sa Première ministre, a clairement exclu toute action militaire américaine sur l’île, tout en appelant à renforcer la présence de l’OTAN dans l’Arctique de manière coordonnée et respectueuse du droit international.
Des personnalités civiles se sont aussi exprimées : la chanteuse islandaise Björk a publiquement soutenu les Groenlandais, rappelant l’histoire de colonisation et appelant au respect des peuples autochtones.
Implications géopolitiques et risques pour l’ordre international
Si les menaces de Trump de “faire quelque chose” concernant le Groenland ont été largement perçues comme rhétoriques, elles n’en reflètent pas moins des tensions profondes au sein de l’ordre géopolitique actuel. L’Arctique est devenu une zone de concurrence stratégique, mêlant moteurs économiques, intérêts militaires et enjeux climatiques.
Les experts mettent en garde qu’une tentative d’annexion ou de pression politique sur un territoire souverain — ou autonome — d’un pays allié pourrait fragiliser la crédibilité des États-Unis et créer une rupture dans les alliances traditionnelles, notamment au sein de l’OTAN.
De plus, la réaction des populations locales — où une large majorité des Groenlandais rejette l’idée d’une annexion américaine — pose un défi démocratique évident aux projections américaines. Ces éléments soulignent la fragilité d’un tel projet, même si la rhétorique reste forte.
Les récentes déclarations de Donald Trump sur le Groenland, affirmant que les États-Unis “feraient quelque chose” avec ce territoire stratégique “qu’importe qu’ils l’aiment ou non”, ont déclenché une onde de choc diplomatique au début de janvier 2026. Si l’offre d’une annexion — qu’elle soit négociée, financière ou potentiellement militaire — représente une posture agressive, elle reflète aussi une compétition mondiale accrue dans l’Arctique entre grandes puissances.
Face à cette situation, la résistance diplomatique du Danemark, du gouvernement groenlandais et de plusieurs capitales européennes montre que l’ordre international actuel — basé sur la souveraineté, le droit et la coopération — reste une barrière solide à toute tentative unilatérale de changement territorial.
Ainsi, bien que Trump maintienne son discours sur la nécessité stratégique du Groenland, les réactions internationales et la volonté locale de préserver leur autonomie suggèrent que une annexion forcée reste peu probable, mais rivalise avec des enjeux géopolitiques majeurs, notamment sur la place des puissances globales dans l’Arctique et l’évolution du droit international au XXIᵉ siècle.

