Un premier vol de rapatriement de Français bloqués au Moyen-Orient depuis le début de la guerre est arrivé dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 mars à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. L’appareil, affrété par Air France, avait décollé de Mascate, capitale du sultanat d’Oman, avant d’atterrir peu avant 3 heures du matin au nord de Paris.
Dans le terminal d’arrivée, l’ambiance était chargée d’émotion. Entre embrassades, visages marqués par la fatigue et cris d’enfants, plusieurs dizaines de passagers retrouvaient leurs proches après des jours d’incertitude dans une région devenue instable depuis l’escalade militaire entre Israël, les États-Unis et l’Iran.
Des familles et des personnes vulnérables prioritaires
Ce vol, qualifié de « vol hybride », transportait à la fois des passagers commerciaux et des ressortissants français considérés comme prioritaires. Selon la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, une centaine de places avaient été réservées par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour les personnes les plus vulnérables. Parmi elles figuraient des familles avec de jeunes enfants, des femmes enceintes, du personnel d’Air France ainsi que des adolescents participant à une colonie de vacances. La majorité des passagers se trouvaient aux Émirats arabes unis, notamment à Dubaï, lorsque les premières frappes ont touché la région.
Le gouvernement français prévoit désormais de multiplier ce type d’opérations afin de permettre au plus grand nombre de ressortissants français de rentrer en sécurité, alors que la situation militaire reste particulièrement incertaine.
Des voyageurs pris de court par l’escalade militaire
Pour certains passagers, ce retour en France marque la fin d’un parcours particulièrement éprouvant. Xavier Figuls et sa famille, originaires de Perpignan, ont par exemple dû parcourir de longues heures de route pour rejoindre Oman depuis Dubaï, afin d’embarquer sur l’un des premiers vols encore disponibles. D’autres Français ont également vécu des scènes de tension avant de pouvoir quitter la région. Le quotidien Nice-Matin rapporte notamment le témoignage de Vincent, un habitant des Alpes-Maritimes qui se trouvait à Dubaï avec ses parents lorsque les bombardements ont commencé.
Selon le journal, le jeune homme raconte avoir été contacté dans la nuit par les autorités françaises pour rejoindre en urgence l’aéroport. « On nous a dit d’aller tôt le matin à l’aéroport pour prendre le premier avion de la journée à destination de Paris », explique-t-il dans les colonnes de Nice-Matin. Toujours selon le quotidien régional, le départ s’est déroulé dans un climat d’inquiétude. « Juste avant de prendre le vol, on voyait encore des explosions dans le ciel et on entendait des bruits sourds qui faisaient trembler les fenêtres », confie-t-il. Une fois à bord, les passagers savaient qu’ils faisaient partie des premiers rapatriements organisés depuis la région. « On était un peu le vol test », raconte encore Vincent au journal, soulagé d’avoir finalement pu regagner la France après un long détour aérien pour éviter les zones de combat.
Des centaines de milliers de Français concernés
Depuis le début du conflit, l’espace aérien de plusieurs pays du Moyen-Orient a été fermé ou fortement restreint. Les autorités évoquent une situation « très volatile », avec des couloirs aériens qui peuvent être ouverts puis refermés rapidement en fonction de l’évolution militaire. Selon les données de la société spécialisée Cirium, près de 19 000 vols ont déjà été annulés en seulement quatre jours dans la région. Les compagnies aériennes doivent adapter en permanence leurs itinéraires pour éviter les zones de tension.
Le ministère des Affaires étrangères estime qu’environ 400 000 ressortissants français vivent dans la quinzaine de pays touchés par les répercussions du conflit au Moyen-Orient. Tous ne souhaitent toutefois pas quitter la région. Les autorités françaises invitent néanmoins les personnes qui souhaitent rentrer à se signaler auprès des consulats afin d’être intégrées aux dispositifs d’évacuation ou aux listes prioritaires en cas de nouveaux vols. Pour les passagers arrivés à Roissy, l’émotion restait palpable à la sortie de l’avion. Après plusieurs jours d’incertitude, beaucoup évoquaient avant tout un sentiment de soulagement : celui d’avoir quitté une zone devenue imprévisible et de retrouver la sécurité du territoire français.

