Depuis dix jours, le monde assiste, médusé, au premier conflit armé ouvert entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Ce mardi 10 mars 2026, une nouvelle fracture s’ouvre : Donald Trump affirme que la guerre est « quasiment » terminée, tandis que les Gardiens de la révolution islamique jurent le contraire. Décryptage d’un conflit qui redessine l’ordre mondial.
Comment la guerre a éclaté : dix jours qui ont changé le Moyen-Orient
Le déclencheur : la nuit du 28 février 2026
Il est 2h30 du matin à Washington lorsque Donald Trump s’adresse au monde depuis Truth Social. Dans une courte vidéo filmée à la Maison-Blanche, le 47e président des États-Unis annonce que « les forces armées américaines ont commencé des opérations de combat majeures en Iran. » En quelques minutes, les marchés financiers mondiaux s’effondrent, les prix du pétrole s’envolent et des millions de téléphones sonnent simultanément dans les chancelleries du monde entier.
Cette nuit-là, une opération militaire conjointe américano-israélienne d’une ampleur inédite depuis la Seconde Guerre mondiale frappe simultanément des dizaines de cibles en Iran. Pour Israël, elle s’appelle Opération Lion Rugissant ; pour les États-Unis, Opération Furie Épique. Les objectifs sont clairs, énoncés publiquement par Trump dès les premières heures : détruire les capacités balistiques iraniennes, démanteler la marine de la République islamique, empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, couper les financements aux milices pro-iraniennes (Hezbollah, Houthis, milices irakiennes), et, à terme, provoquer un changement de régime à Téhéran.
La première frappe cible la Maison du Leadership, le complexe où réside le Guide Suprême Ali Khamenei. Dans les heures qui suivent, la télévision d’État iranienne confirme ce que le monde redoutait : Khamenei est mort. Avec lui, sa fille, son gendre, son petit-enfant et sa belle-fille. Le chef d’état-major Abdolrahim Mousavi est également tué. En l’espace d’une nuit, la République islamique perd sa figure tutélaire de 85 ans, qui avait dirigé l’Iran depuis 1989.
La riposte iranienne ne se fait pas attendre. Dès le lendemain matin, le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI) lance plusieurs centaines de missiles balistiques et près de 2 000 drones vers Israël et vers les bases militaires américaines de la région : Jordanie, Koweït, Bahreïn, Qatar, Irak, Arabie saoudite, Émirats arabes unis. Les aéroports internationaux du Koweït et de Dubaï sont ciblés. Une frégate britannique basée à Chypre est touchée par un drone iranien, portant le conflit aux portes de l’Europe.
Une escalade fulgurante sur dix jours
Les jours suivants ressemblent à un enchaînement cauchemardesque d’événements que peu d’analystes avaient osé anticiper. Le 1er mars, en réponse à la mort de Khamenei, le Hezbollah entre en guerre et lance ses premières salves de roquettes vers le nord d’Israël, déclenchant les sirènes d’alerte à Haïfa et en Haute-Galilée. Tsahal riposte immédiatement par une vaste campagne de bombardements sur le territoire libanais. En moins d’une semaine, entre le 2 et le 7 mars, les frappes israéliennes font 294 morts et 1 023 blessés au Liban, selon le ministère de la Santé libanais.
Le 4 mars, la guerre prend une dimension maritime spectaculaire. La frégate iranienne Dena, l’un des fleurons technologiques de la marine de la République islamique, mise en service en 2021, est coulée par le sous-marin américain USS Charlotte au large de Galle, à l’extrême sud du Sri Lanka. Selon le ministère de la Défense sri-lankais, le bilan est lourd : au moins 101 disparus et 78 blessés parmi les 180 membres d’équipage. Il s’agit du premier navire coulé par un sous-marin américain depuis la Seconde Guerre mondiale.
Au sol, la situation humanitaire se détériore rapidement. Le Croissant-Rouge iranien annonce que les frappes américano-israéliennes ont endommagé plus de 10 000 structures civiles à travers l’Iran, dont 7 943 logements, 1 617 locaux commerciaux, plusieurs établissements médicaux et scolaires. Le bilan humain global dépasse désormais 1 230 morts en Iran, selon les autorités.
La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran provoque une onde de choc économique mondiale. Par ce goulet d’étranglement maritime stratégique transitent environ 20 % du pétrole mondial et 25 % du gaz naturel liquéfié. En quelques heures, les prix du brut s’envolent, tandis que les Bourses mondiales décrochent violemment. L’Égypte annonce dès la première semaine une hausse des prix des carburants de 30 %, directement imputée aux perturbations causées par le conflit.
Sur le plan diplomatique, le choc est total. Les Nations Unies convoquent une session d’urgence. Plusieurs États condamnent les frappes comme une violation du droit international. En Russie et en Chine, les capitales dénoncent une déstabilisation délibérée du Moyen-Orient. Au Pakistan, à Karachi, des manifestants attaquent le consulat des États-Unis, provoquant des incendies et des affrontements avec les forces de l’ordre. Les violences font au moins 23 morts dans le pays.
Un nouveau guide suprême en guerre
La mort de Khamenei ouvre une crise constitutionnelle sans précédent en Iran. Conformément à la Constitution islamique, un Conseil de direction intérimaire est établi dès le 1er mars pour exercer les fonctions de chef de l’État. Le 8 mars, Mojtaba Khamenei, le fils du défunt guide suprême, est élu pour succéder à son père — une décision qui soulève d’importantes questions sur la nature dynastique du régime. L’ensemble des hauts responsables iraniens lui prêtent allégeance.
Trump, fidèle à son style, qualifie le nouveau guide suprême de « lightweight » (personnalité de second rang), le menaçant de ne pas durer sans son approbation. Mais sur le terrain comme dans les chancelleries, personne ne présume d’une capitulation rapide de Téhéran.
Trump dit « c'est presque fini », Téhéran dit « jamais »
La déclaration qui a fait trembler les marchés
Ce lundi 9 mars au soir, heure de Washington, Donald Trump lâche une bombe diplomatique depuis le Bureau ovale : la guerre en Iran est, selon lui, « quasiment » terminée. En quelques minutes, les marchés boursiers asiatiques, qui venaient de plonger de 5 à 6 % la veille, rebondissent spectaculairement. À Tokyo, le Nikkei gagne 3,69 % ; à Séoul, le Kospi s’envole de 6,49 %.
Plus significatif encore : les prix du pétrole brut dégringolent de 10 %, et le gaz européen (TTF néerlandais) recule de près de 15 %, tombant à 48,21 euros le mégawattheure. Pour les investisseurs et les économistes, ces déclarations arrivent comme une bouffée d’air après dix jours de tension extrême sur les marchés de l’énergie.
La réponse iranienne : une fin hors de question
Mais Téhéran ne l’entend pas de cette oreille. Ce mardi matin, 10 mars, les Gardiens de la révolution publient un communiqué officiel : ce sont eux, et eux seuls, qui « décideront de la fin de la guerre. » Le message est sans ambiguïté. Dans la foulée, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi enfonce le clou lors d’une interview sur la chaîne américaine PBS News : toute négociation avec Washington est désormais « hors de question », y compris sur le dossier nucléaire. L’Iran, assure-t-il, poursuivra ses attaques « aussi longtemps que nécessaire. »
Ces déclarations contradictoires créent un vide stratégique inquiétant. D’un côté, un président américain qui, pour des raisons économiques et politiques intérieures — les mid-terms de novembre 2026 approchent — semble vouloir clore rapidement le dossier. De l’autre, un régime iranien en plein traumatisme, qui vient de perdre son guide suprême historique, son chef d’état-major et des dizaines de hauts responsables, et qui ne peut pas se permettre de paraître capituler.
La guerre s’étend : Liban, Golfe, et au-delà
Pendant que les déclarations verbales s’accumulent, les opérations militaires se poursuivent sans relâche. Ce mardi 10 mars, l’armée israélienne a prévenu de frappes imminentes sur Tyr et Saïda, dans le sud du Liban, contre des infrastructures militaires du Hezbollah, appelant les habitants à évacuer plusieurs immeubles.
Dans le Golfe Persique, la situation reste explosive. Les Émirats arabes unis annoncent avoir intercepté 16 missiles et drones iraniens. Bahreïn rapporte des dégâts sur une usine de dessalement. Le ministère de la Défense saoudien condamne les « agressions injustifiables » de l’Iran contre le royaume. Le dimanche 8 mars, Israël avait frappé des dépôts pétroliers à Téhéran, provoquant d’immenses colonnes de fumée visibles à des dizaines de kilomètres — marquant la première fois dans ce conflit qu’une installation industrielle civile iranienne était prise pour cible.
L’organisation Human Rights Watch a par ailleurs accusé Israël d’avoir utilisé « illégalement » du phosphore blanc sur des zones résidentielles dans le sud du Liban, notamment dans la localité de Yohmor le 3 mars. Des images géolocalisées montrent des munitions au phosphore exploser au-dessus de zones habitées, provoquant des incendies dans des maisons.
Le coût humain et économique : un bilan en constante augmentation
Dix jours après le début des hostilités, le bilan humain reste partiel mais accablant. En Iran, on compte plus de 1 230 morts civils et militaires confirmés. Au Liban, les frappes israéliennes ont fait au moins 300 victimes et plus de 80 000 déplacés. En Israël, une douzaine de morts sont à déplorer. Sept soldats américains ont perdu la vie, dont les dépouilles ont été rapatriées à la base aérienne de Dover.
Sur le plan économique, l’onde de choc dépasse largement les frontières du Moyen-Orient. Les compagnies d’assurance maritime ont décuplé leurs primes. Plusieurs géants pétroliers ont suspendu leurs opérations dans le Golfe. Les transports aériens ont été massivement perturbés. La connectivité internet en Iran est tombée à 4 % de son niveau habituel, selon l’observatoire NetBlocks, isolant davantage la population civile.
Le dilemme américain : victoire rapide ou enlisement ?
Côté américain, la situation politique est de plus en plus complexe. Un sondage récent révèle que 59 % des Américains désapprouvent l’opération « Furie Épique », fracturant profondément l’opinion publique dans un pays encore marqué par les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Trump avait affirmé le 1er mars que les objectifs pourraient être atteints en quatre semaines.
Pour Israël, le calcul politique est différent. Selon l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale (INSS), 81 % du public israélien soutient les frappes contre l’Iran, et 63 % estiment que la campagne devrait se poursuivre jusqu’à la chute du régime. Avec des élections législatives prévues en octobre 2026, Benjamin Netanyahu a tout intérêt à prolonger une guerre populaire.
La Turquie, maillon fragile de l’OTAN
Un incident particulièrement préoccupant a failli internationaliser encore davantage le conflit. Un missile iranien a atterri dans la province de Hatay, en Turquie, déclenchant une invocation potentielle de l’Article 4 de l’OTAN. Le secrétaire général Mark Rutte a réaffirmé l’engagement de l’Alliance à défendre la Turquie. Téhéran a nié avoir visé intentionnellement le territoire turc, invoquant une « anomalie technique. » Mais la fragilité de cette explication n’échappe à personne.

