La contestation lycéenne ne faiblit pas : entre 400 et 500 établissements devraient rester sans cours ce lundi. À la veille d’une nouvelle journée nationale de mobilisation, le gouvernement affiche désormais sa volonté de « rétablir l’ordre » et de permettre la reprise des enseignements.
Le bras de fer se durcit autour des blocages de lycées. Après plusieurs jours de mobilisation dans les établissements français, le gouvernement veut désormais obtenir une reprise des cours ce lundi 5 octobre partout où les conditions de sécurité le permettent. Mais le retour à la normale est encore loin d’être généralisé. Entre 400 et 500 lycées devraient rester fermés ou sans cours ce lundi, signe de l’ampleur prise par un mouvement qui s’est rapidement propagé à travers le pays. L’exécutif affiche désormais un objectif clair : « rétablir l’ordre » et permettre aux élèves de retourner en classe.
Une volonté qui intervient à un moment particulièrement sensible puisque les organisations mobilisées préparent déjà la suite. Une journée nationale d’action est prévue mardi, avec des appels à la mobilisation des lycéens mais aussi des étudiants et des syndicats. Ce lundi apparaît donc comme une journée charnière : le gouvernement espère enclencher un retour à la normale avant que la contestation ne franchisse une nouvelle étape.
Entre 400 et 500 lycées encore sans cours ce lundi
Malgré la volonté affichée par le gouvernement, plusieurs centaines d’établissements restent directement touchés par le mouvement. Selon les estimations avancées, 400 à 500 lycées devraient rester fermés ou voir leurs cours suspendus. Le chiffre témoigne de la persistance de la contestation après une semaine marquée par une multiplication des actions dans les établissements. La mobilisation avait déjà concerné 356 lycées mercredi dernier, avant de poursuivre sa progression. Les situations peuvent néanmoins être très différentes d’un établissement à l’autre. Un blocage total empêchant l’accès au lycée n’a pas les mêmes conséquences qu’une mobilisation partielle ou qu’une décision de suspendre les cours pour des raisons de sécurité.
Pour l’exécutif, la priorité est désormais de permettre une reprise de l’enseignement dès que les conditions sont réunies. Le gouvernement souhaite ainsi que les cours puissent reprendre « partout » où la sécurité le permet. Cette formulation laisse toutefois la possibilité de maintenir certains établissements fermés lorsque la situation locale ne garantit pas un accueil normal des élèves et du personnel.
Le sujet dépasse désormais la seule question des revendications lycéennes. Avec plusieurs centaines d’établissements concernés, la continuité des cours et la sécurité aux abords des lycées deviennent elles aussi des enjeux majeurs.
La volonté gouvernementale de « rétablir l’ordre » traduit un changement de ton alors que le mouvement entre dans une nouvelle phase. Reste à savoir si cette stratégie permettra effectivement de réduire le nombre de blocages ou si elle contribuera, au contraire, à renforcer la mobilisation à la veille de la journée nationale.
La journée de mardi s’annonce comme le véritable test pour la mobilisation
Car les lycéens mobilisés ont déjà les yeux tournés vers mardi 6 octobre. Cette fois, le mouvement doit dépasser les seuls lycées. Lycéens, étudiants et syndicats sont appelés à participer à une journée nationale de mobilisation, susceptible de donner une nouvelle ampleur à la contestation. Cette échéance explique aussi pourquoi la journée de lundi est particulièrement importante pour le gouvernement. Obtenir la réouverture d’un maximum d’établissements permettrait à l’exécutif d’afficher un début de retour à la normale avant ce nouveau rendez-vous. À l’inverse, le maintien de plusieurs centaines de lycées bloqués ou fermés constituerait un point d’appui important pour les organisations souhaitant amplifier le mouvement mardi.
La capacité des lycéens à mobiliser au-delà de leurs propres établissements sera également scrutée. L’entrée des étudiants et des organisations syndicales dans la journée d’action pourrait modifier la nature de la contestation et lui donner une dimension plus large. Le nombre de lycées effectivement concernés ce lundi donnera déjà une première indication sur le rapport de force. Après la propagation rapide des blocages la semaine dernière, la question est désormais de savoir si le mouvement peut s’installer dans la durée ou si la reprise progressive des cours permettra de l’affaiblir.
Le gouvernement, lui, ne cache plus sa volonté de reprendre la main. Mais avec 400 à 500 lycées encore privés de cours et une journée nationale annoncée dès mardi, le retour complet à la normale semble encore loin d’être acquis. Les prochaines vingt-quatre heures pourraient donc être décisives : elles permettront de savoir si la contestation lycéenne commence à refluer ou si, au contraire, la mobilisation de mardi ouvre une nouvelle étape dans le bras de fer avec le gouvernement.

