La rhétorique guerrière continue de monter d’un cran au Moyen-Orient. Au 16ᵉ jour du conflit opposant l’Iran, Israël et les États-Unis, les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé directement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, promettant de « le traquer et le tuer ». Dans un message publié dimanche 15 mars sur leur site officiel Sepah News, la force militaire idéologique du régime iranien a déclaré : « Si ce criminel tueur d’enfants est encore en vie, nous continuerons à le traquer et nous le tuerons de toutes nos forces. » Cette déclaration s’inscrit dans une escalade verbale et militaire qui accompagne les affrontements depuis la fin du mois de février.
Une guerre déclenchée fin février
Le conflit a éclaté le 28 février, lorsque Israël et les États-Unis ont lancé des frappes contre l’Iran, visant notamment des infrastructures militaires et des installations liées au programme nucléaire iranien. Les premières attaques ont provoqué la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei, ce qui a immédiatement déclenché des représailles de Téhéran et de ses alliés régionaux. Depuis, les frappes aériennes, tirs de missiles et attaques de drones se multiplient entre les différents camps. Selon plusieurs estimations relayées par les autorités locales, plus de 2 000 personnes auraient été tuées, principalement en Iran et au Liban, même si ces bilans restent difficiles à vérifier de manière indépendante.
Le conflit dépasse désormais largement les frontières iraniennes. Des affrontements opposent également Israël au Hezbollah au Liban, allié stratégique de Téhéran. La Turquie s’est récemment inquiétée de cette escalade. Son ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré redouter qu’Israël ne commette « un nouveau génocide » au Liban sous prétexte de lutter contre le Hezbollah, appelant la communauté internationale à agir rapidement pour éviter une extension du conflit.
Netanyahu dément les rumeurs sur sa mort
Dans ce contexte de guerre et de tensions informationnelles, Benjamin Netanyahu a également dû répondre à des rumeurs annonçant sa mort. Depuis plusieurs heures, des messages circulaient sur les réseaux sociaux et dans certains médias iraniens affirmant que le dirigeant israélien aurait été tué ou gravement blessé. Pour démentir ces informations, le Premier ministre a publié dimanche une courte vidéo sur son compte X, tournée dans un café situé près de Jérusalem. Dans la séquence, on le voit discuter avec un conseiller tout en prenant une tasse de café. La légende accompagnant la vidéo fait référence aux rumeurs qui circulaient : « Ils disent que je suis quoi ? » Lorsque son interlocuteur évoque les informations annonçant sa mort, Benjamin Netanyahu répond avec humour. En hébreu familier, le mot « mort » peut aussi être utilisé pour dire que l’on est « fou de » quelque chose.
« Je suis fou de café », lance-t-il en souriant, avant d’ajouter : « Et je suis fou de mon peuple. » Il montre ensuite les dix doigts de ses mains, un geste visant à prouver que la vidéo n’est pas générée par intelligence artificielle, comme certains internautes l’avaient suggéré après ses dernières prises de parole publiques. Selon l’agence Reuters, la vidéo a pu être authentifiée en comparant l’intérieur du café avec des photos d’archives de l’établissement et avec des images publiées par le café lui-même le même jour.
Ces rumeurs illustrent aussi l’intensité de la guerre informationnelle qui accompagne désormais le conflit entre l’Iran et Israël. Les réseaux sociaux sont devenus un terrain central de propagande et de désinformation, où circulent régulièrement de fausses informations sur les dirigeants, les pertes militaires ou l’évolution des combats. Dans ce contexte, la publication de la vidéo par Benjamin Netanyahu semble avoir pour objectif de couper court aux spéculations sur son état de santé, alors que les tensions militaires continuent de s’intensifier dans la région.


