Fatigue au réveil, sommeil perturbé, baisse d’énergie… Au printemps, le corps peine parfois à suivre le rythme. En cause : un dérèglement du rythme circadien lié à la lumière et aux changements d’habitudes.

On l’attend comme une délivrance. Plus de lumière, des soirées qui s’étirent, une impression de renouveau presque immédiate. Sur le papier, le printemps coche toutes les cases de la vitalité retrouvée. Dans le corps, c’est souvent une autre histoire. Depuis quelques semaines, beaucoup décrivent la même sensation : un réveil plus difficile, un sommeil moins profond, une énergie instable. Rien de spectaculaire, mais une fatigue diffuse, persistante, qui contraste avec l’agitation extérieure. Comme si quelque chose ne suivait pas.

Fatigue au printemps : pourquoi le corps se dérègle

Ce décalage n’a rien d’anodin. Il correspond à une phase d’adaptation réelle, liée au rythme circadien. Cette horloge interne, réglée en grande partie par la lumière, met du temps à s’ajuster aux changements saisonniers. Et au printemps, la transition est brutale. L’allongement des journées modifie les repères biologiques. La lumière matinale stimule la production de cortisol, censé favoriser l’éveil, mais elle retarde aussi la sécrétion de mélatonine en soirée. Résultat : l’endormissement se décale, les nuits deviennent plus fragmentées, et la récupération se dégrade. Une étude finlandaise menée en 2008 a ainsi observé une baisse de la qualité du sommeil comprise entre 5 et 15 % à l’arrivée du printemps, accompagnée d’une augmentation des mouvements nocturnes. 

Des variations discrètes, mais suffisantes pour altérer la sensation de repos. À cela s’ajoute un facteur plus social, souvent sous-estimé. Avec les beaux jours, les sollicitations se multiplient : sorties, afterworks, week-ends prolongés. Ce rythme plus dense, adopté très rapidement, entre en contradiction avec un organisme encore calé sur l’hiver. Les spécialistes parlent de “social jetlag”, un décalage entre les horaires sociaux et les besoins biologiques. Ce cumul produit des effets bien identifiés : fatigue en journée, troubles de la concentration, irritabilité, parfois maux de tête. Autant de signaux discrets, mais persistants, qui témoignent d’un corps en phase de recalibrage.

Comment retrouver de l’énergie au printemps naturellement

Plutôt que de lutter contre cette inertie passagère, l’enjeu consiste à accompagner cette transition. Le matin, l’exposition à la lumière naturelle joue un rôle central. Sortir dans l’heure qui suit le réveil, même brièvement, permet de resynchroniser les repères internes. Une activité physique modérée – marche, vélo, course légère – contribue également à relancer les mécanismes d’éveil. L’alimentation participe à cet équilibre : un petit-déjeuner riche en protéines, une hydratation suffisante, et des apports réguliers en fruits et légumes de saison soutiennent les fonctions métaboliques. Quelques minutes d’exposition au soleil favorisent par ailleurs la synthèse de vitamine D, souvent mise à mal durant l’hiver.

Le soir, à l’inverse, l’objectif est de recréer des conditions propices à l’endormissement. Réduction de la lumière artificielle, limitation des écrans, horaires de coucher réguliers : ces ajustements simples facilitent la production de mélatonine. Les activités stimulantes, notamment sportives, gagnent à être programmées plus tôt dans la journée. Ce passage à vide printanier n’est ni systématique ni pathologique. Il s’inscrit dans une phase d’adaptation normale, souvent brève, mais suffisamment marquée pour être ressentie. Le printemps ne relance pas immédiatement l’énergie. Il impose d’abord un temps d’ajustement. Et dans cet entre-deux, le corps avance à son propre rythme, parfois en décalage avec l’élan général.

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