C’est bientôt fini. L’Organisation mondiale de la santé a annoncé mercredi 24 juin que l’épidémie d’hantavirus liée au navire de croisière MV Hondius serait officiellement déclarée terminée le 2 juillet. Les 54 dernières personnes en quarantaine dans le monde achèveront leur période de surveillance à cette date. Le bilan final est de 13 cas (12 confirmés et un probable), dont trois mortels. Plus de 650 cas contacts ont été suivis dans 33 pays. Mais si la crise sanitaire se referme, le travail scientifique ne fait que commencer : l’OMS veut utiliser les échantillons du virus pour développer tests, traitements et vaccins contre une souche pour laquelle il n’existe aujourd’hui aucune arme médicale.

Le 2 juillet : pourquoi cette date

La date n’est pas arbitraire. La période d’incubation maximale de l’hantavirus est de 42 jours (six semaines). Le 2 juillet correspond à la fin de cette fenêtre pour les 54 dernières personnes encore sous surveillance, a expliqué le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse à Genève, selon Euronews. « Tous les contacts, à l’exception de 54, ont achevé leur période de quarantaine, et les contacts restants doivent terminer leur quarantaine d’ici au 2 juillet », a-t-il déclaré.

Les CDC américains ont de leur côté annoncé que l’ensemble des citoyens américains potentiellement exposés avaient achevé leur période de surveillance de 42 jours le 21 juin, rapporte Euronews. « Aucun cas de maladie à hantavirus ne s’est déclaré aux États-Unis à la suite de cette épidémie », ont confirmé les CDC. En France, quatre des cinq passagers rapatriés au Bourget le 10 mai ont terminé leur quarantaine sans développer de symptômes. Une cinquième passagère française, contaminée par le virus, restait hospitalisée ce week-end, selon Le Dauphiné Libéré.

Bilan final : 13 cas, trois morts, 33 pays mobilisés

L’ampleur de la mobilisation internationale contraste avec le bilan humain, relativement contenu. Douze cas ont été confirmés en laboratoire et un cas probable identifié, pour un total de trois décès, rapporte Le Devoir citant l’AFP. Le premier passager est tombé malade et est décédé le 11 avril, pendant la traversée de l’Atlantique. Sa dépouille a été débarquée à Sainte-Hélène. Une passagère ayant quitté le navire à Sainte-Hélène est décédée le 26 avril après son transfert en Afrique du Sud. Une troisième passagère est décédée le 2 mai, selon la chronologie établie par Euronews. 

Mais le suivi a été massif. Plus de 650 cas contacts ont été identifiés et suivis dans 33 pays et territoires, selon l’OMS citée par la RTS. Cette dispersion géographique, conséquence d’un navire de croisière international où les passagers provenaient de dizaines de nationalités, a imposé une coordination entre les autorités sanitaires de quatre continents, du moment où l’alerte a été transmise à l’OMS le 2 mai jusqu’à aujourd’hui.

La vraie urgence commence : développer un vaccin

Si Tedros a annoncé la fin prochaine de l’épidémie, il a immédiatement ajouté que « le travail ne fait que commencer pour les scientifiques et les experts », rapporte Le Devoir. L’enjeu est de transformer cette crise en opportunité de recherche. « Nous travaillons également à ce qu’un échantillon du virus soit partagé avec le BioHub de l’OMS en Suisse », a déclaré le directeur général, cité par Euronews. « Cela sera important pour développer des outils de diagnostic, des traitements et des vaccins en vue de futures flambées. » Le BioHub, basé à Spiez (canton de Berne), est le laboratoire international de l’OMS dédié au stockage et au partage de pathogènes à des fins de recherche.

C’est un point crucial. La souche des Andes, responsable de l’épidémie du MV Hondius, est la seule parmi les hantavirus connue pour pouvoir se transmettre d’un être humain à un autre. Contre cette souche, il n’existe aujourd’hui ni vaccin homologué, ni traitement antiviral spécifique, ni test de diagnostic rapide. Les patients ne peuvent être pris en charge que par des soins de support (réhydratation, assistance respiratoire, isolement). C’est précisément ce vide thérapeutique qui avait justifié la déclaration d’urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai.

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