Une femme est morte. Vingt-neuf personnes ont été blessées, dont plusieurs grièvement. Le suspect, en fuite depuis samedi soir, a été abattu dimanche vers 18 heures par les forces de l’ordre alors qu’il les menaçait avec une arme blanche. Le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt a qualifié l’attaque d’« attentat terroriste islamiste ». La porte de Brandebourg s’est illuminée aux couleurs de l’arc-en-ciel dans la nuit de dimanche.

Samedi soir, Tiergarten : la fête bascule en quelques secondes

La Pride de Berlin, le Christopher Street Day, est l’un des plus grands rassemblements LGBTQIA+ au monde. Des centaines de milliers de participants avaient convergé vers le centre de la capitale pour une journée de défilé entre la porte de Brandebourg et le quartier historique de Nollendorfplatz. En fin de journée, la fête battait encore son plein dans les allées du Tiergarten, le poumon vert de Berlin.  C’est là, près de la Lennéstraße selon le quotidien Tagesspiegel cité par Franceinfo, qu’une camionnette blanche immatriculée à Berlin a percuté plusieurs personnes sur son passage. 

Le véhicule a fini sa course dans un arbre et a été « fortement endommagé par le choc », rapporte Franceinfo. Le conducteur en est sorti et a pris la fuite à pied : mais pas sans frapper encore. Alexander Dobrindt a décrit la suite : le suspect « s’est précipité sur d’autres passants, armé d’une arme blanche, vraisemblablement une machette, et les a également grièvement blessés », rapporte Franceinfo. Le premier bilan, communiqué samedi soir par Dominik Pretz, porte-parole des pompiers de Berlin, faisait état de nombreux blessés. Il a été actualisé dimanche par le ministre de l’Intérieur : une morte, une femme dont l’identité n’a pas été rendue publique, et 29 blessés. La Pride a été immédiatement annulée. Une chasse à l’homme à grande échelle a été lancée dans la capitale.

Dimanche 18 heures : le suspect abattu

Pendant 24 heures, Berlin a vécu sous tension. Le suspect, identifié comme un homme de 21 ans, était en fuite dans une ville de 3,7 millions d’habitants quadrillée par la police. Dimanche vers 18 heures, les forces de l’ordre l’ont localisé dans un arrondissement de l’ouest de Berlin. Selon les autorités citées par Franceinfo et Wikipédia, il a menacé les policiers à l’aide d’une arme blanche lors de l’opération d’interpellation. Il a été abattu. Le ministre de l’Intérieur Dobrindt n’a pas attendu l’issue de la chasse à l’homme pour qualifier l’attaque : « attentat terroriste islamiste ». La qualification est inhabituelle par sa rapidité,  elle est intervenue dès le samedi soir, avant même l’identification complète du suspect. Le mobile exact, les éventuels liens avec une organisation terroriste et le parcours de radicalisation du suspect font l’objet de l’enquête ouverte par le parquet fédéral.

La communauté LGBTQIA+ ciblée : un symbole attaqué au cœur de l'Europe

Ce qui rend cet attentat particulièrement glaçant, c’est le choix de la cible. La Pride de Berlin n’est pas un événement comme un autre. C’est le plus grand rassemblement LGBTQIA+ d’Allemagne, héritier du premier Christopher Street Day organisé à Berlin-Ouest le 30 juin 1979. C’est aussi un lieu de mémoire : le parcours du défilé passe par Nollendorfplatz, où se trouve le mémorial dédié aux personnes homosexuelles persécutées et assassinées sous le régime nazi. Frapper la Pride de Berlin, c’est frapper un symbole de liberté au cœur de la ville qui en a fait sa fierté. Les réactions internationales ont été immédiates. Emmanuel Macron a exprimé « la solidarité de la France avec l’Allemagne et avec la communauté LGBTQIA+ du monde entier ». Ursula von der Leyen a condamné « un acte de haine qui ne nous divisera pas ». Le chancelier Friedrich Merz a déclaré que « la haine ne l’emportera jamais sur la liberté ».

Dans la nuit de dimanche, la porte de Brandebourg, à quelques centaines de mètres du lieu de l’attaque, a été illuminée aux couleurs de l’arc-en-ciel. Des bougies ont été allumées à ses pieds. Des milliers de Berlinois sont venus se recueillir en silence. L’image, captée par l’AFP, est devenue en quelques heures le symbole d’une ville qui refuse de céder à la terreur, la même ville qui, en 2016, avait subi un attentat au camion-bélier sur le marché de Noël de Breitscheidplatz, faisant 13 morts. Berlin sait ce que c’est que d’être frappée. Et Berlin sait ce que c’est que de se relever. La Pride 2027 aura lieu. Elle sera probablement la plus grande de l’histoire.

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