Le mois d’août ne rime pas seulement avec vacances et grasses matinées. Comme chaque début de mois, une série de changements entrent en vigueur et vont peser, dans un sens ou dans l’autre, sur le budget des ménages. Au programme cette fois : un Livret A un peu mieux rémunéré, une facture d’électricité qui grimpe, un prix du gaz en léger recul, la fin très attendue du démarchage téléphonique abusif, et le versement prochain de l’allocation de rentrée scolaire. Voici, mesure par mesure, tout ce qui change — et surtout les dates exactes à retenir, car toutes ne prennent pas effet le 1er août.
Épargne : le Livret A remonte à 1,7 %
C’est la bonne nouvelle pour les épargnants. À compter de ce 1er août 2026, le taux du Livret A passe de 1,5 % à 1,7 %, et ce jusqu’au 31 janvier 2027, selon le ministère de l’Économie, qui a suivi l’avis de la Banque de France. Cette revalorisation concerne un produit d’épargne détenu par des dizaines de millions de Français, dont les intérêts restent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), toujours aligné sur le Livret A, grimpe logiquement au même niveau de 1,7 %. Quant au Livret d’épargne populaire (LEP), destiné aux personnes aux revenus modestes, son taux est maintenu à 2,5 %. Ce maintien constitue en réalité un coup de pouce : selon la formule de calcul réglementaire, le taux du LEP aurait normalement dû redescendre à 2,2 %.
Il faut toutefois relativiser la portée de la hausse du Livret A. Elle reste modeste et demeure, à ce stade, inférieure à d’autres placements. Mais pour une épargne de précaution disponible à tout moment et garantie par l’État, cette revalorisation est toujours bonne à prendre. Elle prend effet automatiquement, sans aucune démarche à effectuer de la part des épargnants.
💰 ÉPARGNE RÉGLEMENTÉE AU 1ER AOÛT 2026
📈 Livret A : 1,5 % → 1,7 % (jusqu’au 31 janvier 2027)
📈 LDDS : aligné sur le Livret A, également à 1,7 %
➡️ LEP : maintenu à 2,5 % (au lieu de 2,2 % selon la formule)
🛡️ Intérêts exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux
✅ Revalorisation automatique, aucune démarche à faire
🏛️ Décision du ministère de l’Économie, après avis de la Banque de France
Électricité : une facture en hausse de 2,5 %
C’est la mauvaise nouvelle du mois. À partir du 1er août 2026, les tarifs de l’électricité augmentent en moyenne de 2,5 %. Concrètement, cette hausse représente environ 26 euros supplémentaires par an pour un foyer consommant 4,5 MWh d’électricité. Près de 20 millions de ménages sont concernés par cette évolution.
Point important : cette augmentation ne résulte pas d’une hausse du prix de l’électricité produite, mais de l’évolution des coûts liés à son acheminement, c’est-à-dire au transport et à la distribution de l’électricité jusqu’aux foyers. Ce sont ces coûts de réseau, régulièrement réévalués, qui expliquent la hausse de la facture.
À noter également que les consommateurs ayant souscrit une offre de marché ne sont pas automatiquement concernés par cette augmentation. Pour eux, l’évolution de la facture dépendra des conditions prévues dans leur contrat avec leur fournisseur. Il peut donc être utile, en cette rentrée, de vérifier les termes de son offre et de comparer les tarifs proposés sur le marché.
Gaz : un léger répit sur la facture
À l’inverse de l’électricité, les consommateurs chauffés au gaz bénéficient d’une petite baisse. Le prix repère de vente du gaz, publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie, diminue de 0,8 % au mois d’août 2026. Il passe ainsi de 164,21 euros TTC par MWh à 162,89 euros TTC par MWh.
Cette baisse, certes modeste, permet une économie moyenne de quelques euros pour les foyers concernés. Le prix repère du gaz sert d’indicateur de référence pour les consommateurs, même s’il n’a plus la valeur de tarif réglementé qu’avaient les anciens tarifs du gaz, supprimés il y a quelques années. Il permet néanmoins de comparer les offres et de situer le niveau de sa propre facture.
Entre l’électricité qui augmente et le gaz qui recule légèrement, l’effet sur le budget dépendra donc largement du mode de chauffage et des équipements de chaque foyer. Pour les ménages tout-électrique, la note d’août sera un peu plus salée ; pour ceux chauffés au gaz, l’évolution sera au contraire très légèrement favorable.
Démarchage téléphonique : la fin des appels non désirés (dès le 11 Août)
C’est sans doute la mesure la plus attendue de l’été — mais attention à la date exacte. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le 1er mais le 11 août 2026 que le démarchage téléphonique à des fins commerciales sera interdit par principe, pour tous les secteurs d’activité. Cette réforme majeure découle de la loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques.
Le changement est un véritable renversement de logique. Jusqu’ici, la France fonctionnait selon un système d’opposition : un consommateur pouvait recevoir des appels commerciaux à moins de s’être inscrit sur une liste anti-démarchage. Désormais, c’est l’inverse : le principe devient celui du consentement préalable. Une entreprise ne pourra plus vous appeler pour vous vendre quelque chose sans avoir recueilli, au préalable, votre accord explicite.
Ce consentement devra être libre, spécifique, éclairé et révocable à tout moment. Conséquence directe : le service Bloctel, l’ancienne liste d’opposition au démarchage, devient obsolète et sera supprimé à cette date. Il ne sera plus nécessaire d’effectuer la moindre démarche pour être protégé : l’interdiction s’applique par défaut à tous.
📵 DÉMARCHAGE TÉLÉPHONIQUE : CE QUI CHANGE LE 11 AOÛT
🚫 Interdiction de principe du démarchage commercial, tous secteurs
🔄 Bascule d’un système d’opposition à un système de consentement (opt-in)
✅ Un appel reste possible si vous avez donné un accord clair et préalable
📄 Ou s’il concerne un contrat déjà en cours (offre complémentaire)
🗑️ Le service Bloctel devient inutile et est supprimé
📰 Exception : la vente d’abonnements à la presse reste autorisée
❄️ Dérogation temporaire (18 mois) pour les produits alimentaires surgelés
📅 Date d’entrée en vigueur : 11 août 2026 (et non le 1er)
Allocation de rentrée scolaire : versement à partir du 18 Août
Pour les familles, c’est un rendez-vous financier majeur de l’été. L’allocation de rentrée scolaire (ARS), versée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA), sera versée à compter du 18 août 2026. Cette aide vise à aider les familles à financer une partie des dépenses liées à la rentrée scolaire : fournitures, vêtements, matériel.
Selon les chiffres officiels, près de 3 millions de foyers, représentant environ 5 millions d’enfants, doivent bénéficier de cette allocation. Elle est versée sous conditions de ressources et son montant varie selon l’âge de l’enfant scolarisé. Pour la plupart des familles éligibles, le versement est automatique, sans démarche particulière à accomplir lorsque la situation est déjà connue des organismes.
Le versement à partir du 18 août tombe à point nommé, quelques jours avant la rentrée scolaire, pour permettre aux familles d’anticiper les achats. Il est toutefois conseillé de vérifier que sa situation est bien à jour auprès de la CAF ou de la MSA, notamment en cas de changement de situation familiale ou de revenus au cours de l’année écoulée.
Aide carburant de 100 € : la plateforme prolongée
Dernière mesure à connaître pour ce mois d’août : l’aide au carburant de 100 euros, destinée aux travailleurs dits « grands rouleurs », voit sa plateforme de demande prolongée. Initialement prévue pour fermer le 30 juillet, elle reste finalement accessible en ligne, sur le site des impôts, jusqu’au 31 août 2026.
Cette aide s’adresse aux personnes qui parcourent de longues distances pour leur activité professionnelle avec un véhicule thermique ou hybride non rechargeable. Elle est versée sous conditions de ressources et de distances parcourues. Un simulateur en ligne permet de vérifier son éligibilité avant d’en faire la demande. Les personnes concernées ont donc un mois de plus pour effectuer leur démarche.
📅 LE CALENDRIER À RETENIR EN AOÛT 2026
1er août : Livret A et LDDS à 1,7 %, LEP maintenu à 2,5 %
1er août : électricité +2,5 % en moyenne (tarif réglementé)
1er août : prix repère du gaz en baisse de 0,8 %
11 août : interdiction du démarchage téléphonique, fin de Bloctel
18 août : versement de l’allocation de rentrée scolaire (CAF / MSA)
31 août : dernier jour pour demander l’aide carburant de 100 €
Ce qu'il faut retenir pour votre budget
Au total, ce mois d’août 2026 présente un bilan contrasté pour le portefeuille des Français. Côté positif : une épargne réglementée un peu mieux rémunérée, une facture de gaz en léger recul, et surtout la perspective de ne plus être harcelé par les appels commerciaux à partir du 11 août. Pour les familles, l’allocation de rentrée scolaire apportera un soutien bienvenu à quelques jours de la reprise des cours.
Côté négatif : la hausse de 2,5 % de la facture d’électricité viendra grignoter une partie de ces gains pour les 20 millions de ménages concernés, en particulier ceux qui se chauffent à l’électricité. Comme souvent, l’impact réel dépendra de la situation de chacun : mode de chauffage, type de contrat d’énergie, composition du foyer, niveau de revenus.
Dans ce contexte, quelques réflexes peuvent aider à limiter la casse : vérifier son contrat d’électricité et comparer les offres, s’assurer que sa situation est à jour auprès de la CAF ou de la MSA pour l’allocation de rentrée scolaire, et, pour les grands rouleurs, ne pas oublier de demander l’aide carburant avant la fin du mois. Autant de petites démarches qui, mises bout à bout, peuvent faire une vraie différence sur le budget de la rentrée.

