Vendredi 27 mars, sur CNews une séquence a déclenché l’ire de nombreux responsables politique de gauche, dont le maire lFI de Saint-Denis, qui a déclaré vouloir porter plainte contre la chaîne aux multiples sanctions.
La polémique est née sur un plateau de télévision. Vendredi 27 mars, lors d’un débat sur CNews consacré aux débuts du mandat du nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, une intervention du psychologue Jean Doridot a rapidement suscité l’indignation.
Une séquence télévisée qui déclenche une vive controverse politique
Interrogé sur la manière dont l’élu exercerait son autorité, l’intervenant a évoqué une comparaison avec les comportements sociaux humains en remontant aux origines de l’humanité. Il a notamment déclaré : « L’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux […] dans toute tribu […] il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité » Des propos qui ont immédiatement été interprétés par plusieurs responsables politiques comme une comparaison problématique, voire raciste, visant directement le maire de Saint-Denis.
La cheffe des députés insoumis Mathilde Panot a dénoncé un racisme « crasse et décomplexé », estimant que cette intervention assimilait l’élu à « un singe » et à un « chef de tribu ». D’autres figures de gauche ont rapidement embrayé, à l’image du sénateur Ian Brossat ou de la députée écologiste Léa Balage El Mariky, pointant une dérive du débat médiatique. Face à la polémique, la direction de CNews a défendu la séquence, affirmant que les propos avaient été « délibérément déformés » sur les réseaux sociaux. Jean Doridot lui-même a également tenté de clarifier son intervention à l’antenne, expliquant avoir voulu « universaliser » son propos, tout en reconnaissant qu’il n’avait peut-être pas été suffisamment clair.
Plaintes, saisines et tensions autour du traitement médiatique
L’affaire ne s’est pas arrêtée là. Plusieurs responsables politiques ont annoncé saisir l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, afin d’examiner cette séquence. Des associations comme SOS Racisme ont également dénoncé des propos aux « relents racistes » et décidé de se joindre aux démarches. De son côté, Bally Bagayoko a annoncé son intention de porter plainte. L’élu, né de parents maliens, a également appelé à organiser un rassemblement contre le racisme et le fascisme, dans un contexte où il dit déjà avoir été la cible de nombreux messages haineux depuis son élection.
La polémique s’est encore amplifiée le lendemain, après une autre intervention sur la même chaîne. Le philosophe Michel Onfray a évoqué une attitude de « mâle dominant » et parlé de comportement « tribal », des propos qui ont à leur tour suscité de vives réactions politiques. Plusieurs responsables, dont Manuel Bompard et Olivier Faure, ont dénoncé une répétition de « dérapages racistes », accusant la chaîne de contribuer à une dégradation du débat public. CNews a une nouvelle fois répondu en affirmant que les propos avaient été sortis de leur contexte.
Cet épisode s’inscrit dans un contexte plus large. La chaîne a déjà été sanctionnée par l’Arcom à plusieurs reprises, notamment pour des séquences jugées susceptibles d’encourager des discriminations. Au-delà de cette controverse, l’affaire relance un débat récurrent sur les limites de la liberté d’expression dans les médias, la responsabilité éditoriale des chaînes d’information en continu, et la manière dont certaines figures politiques peuvent être traitées dans l’espace public.

