Huit cents hectares de garrigue dévorés en quelques heures.
Parti mercredi 1er juillet de la commune de Beaufort dans l’Hérault, l’incendie a franchi la limite départementale pour s’engouffrer dans l’Aude, au niveau de Sainte-Valière, poussé par une tramontane violente sur des terres asséchées par deux semaines de canicule. Mercredi soir, le feu n’était toujours pas fixé. 550 pompiers venus de quatre départements luttaient sur deux flancs actifs, appuyés par un avion Dash de la Sécurité civile. Les communes de Pouzols-Minervois et Mailhac ont été évacuées. Aucune victime n’est à déplorer pour l’instant.
Une propagation fulgurante, des villages évacués
L’incendie s’est déclaré dans l’après-midi sur la commune de Beaufort, où il a parcouru environ 400 hectares dans l’Hérault avant de sauter la frontière départementale et d’atteindre Sainte-Valière dans l’Aude, rapporte Franceinfo citant la préfecture. « Les conditions climatiques sont toujours défavorables », a prévenu la préfecture de l’Aude dans son dernier bulletin mercredi soir. « Les flancs droit et gauche de l’incendie restent très actifs, le feu n’est pas encore fixé et les moyens se concentrent pour contenir la propagation. » La vitesse de progression a surpris les secours eux-mêmes. En quelques heures, le brasier a avalé 800 hectares de garrigues et de maquis méditerranéen, propulsé par un vent de tramontane qui soufflait en rafales sur des sols n’ayant pas vu la pluie depuis des semaines.
Les évacuations ont débuté dans la foulée à Pouzols-Minervois et Mailhac, deux communes de l’Aude directement menacées par la progression du front de flammes. Un panache de fumée, visible « à plusieurs kilomètres à la ronde » selon France 3 Occitanie, obscurcissait le ciel du Minervois en fin de journée. Le SDIS 34 a toutefois pu annoncer un premier élément rassurant dans la soirée : « Les habitations menacées ont été protégées. » Les pompiers ont concentré leurs efforts sur les lisières urbaines pour empêcher le feu d’atteindre les zones bâties.
550 pompiers, un Dash, et une journée classée à « risque exceptionnel »
L’ampleur des moyens déployés donne la mesure de la menace. 550 sapeurs-pompiers de l’Hérault, de l’Aude et de renforts venus d’Occitanie et du Vaucluse étaient engagés mercredi soir, selon Franceinfo et la préfecture de l’Aude. Dès les premières heures, quatre groupes d’intervention feux de forêt (GIFF) avaient été déployés avec des dizaines de camions-citernes. Un avion Dash 8 de la Sécurité civile, en guet aérien armé, a effectué plusieurs largages de retardant, notamment à proximité immédiate de zones d’habitation, rapporte France 3 Occitanie relayant les images de l’Association Prévention et Signalement Feux de Forêt.
L’incendie n’est pas un accident de calendrier. La journée de mercredi avait été classée à « risque exceptionnel » pour les feux de forêt. Météo-France avait placé six départements méditerranéens en vigilance rouge pour danger très élevé d’incendie : l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, le Gard, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Cette vigilance est maintenue jeudi, selon France 3 Occitanie. Et un nouvel épisode de fortes chaleurs est attendu dès le week-end.
La canicule de juin transformée en poudrière
Cet incendie est la conséquence directe de la séquence climatique que la France traverse depuis un mois. La canicule historique de fin mai (record national du 26 mai, 24,9 °C de moyenne), suivie de la vague de chaleur extrême de juin (54 départements en vigilance rouge le 23 juin, records nocturnes « tous mois confondus » pulvérisés), a transformé la végétation méditerranéenne en combustible. Les sols sont asséchés en profondeur. La garrigue est une éponge à sec. Et quand la tramontane se lève sur ce tapis de broussailles déshydratées, chaque étincelle peut devenir un brasier de 800 hectares en quelques heures.
La préfecture de l’Aude a rappelé mercredi soir que le feu n’était « pas fixé ». En langage de pompier, cela signifie que la progression n’est pas arrêtée : le brasier continue d’avancer sur au moins un de ses flancs. La nuit de mercredi à jeudi sera déterminante. Si le vent tombe, les soldats du feu pourront établir des lignes d’arrêt et fixer le périmètre. S’il persiste, l’incendie pourrait encore gagner des centaines d’hectares dans un Minervois qui, ce soir, retient son souffle.

